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Vanuatu Tanna de Yakel au Yasur !!!

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Si vous avez parcouru les derniers recits publies sur cette page , il est alors fort possible que vous doutiez d etre de nouveau surpris durant la lecture de cette nouvelle et derniere histoire , ayant le Vanuatu comme theatre . Si tel est le cas , vous vous trouvez alors dans le meme etat d esprit que moi lorsque je debarquais sur l ile de Tanna .

Et pourtant , si j avais su …..

Lorsque le bateau cargo me deposa a Lenakel , la capitale de l ile ,j etais completement epuise . Les 24 heures a bord , tasse sur un banc metallique en permanence rafraichi par l humidtie relative de la brise marine , qui sans emcombre s engoufrait par les fenetres aux hublots disparus. Si inconfortable que fut cette traversee , je n ai en aucun le droit de m en plaindre et je me dois alors de relativiser car c est a bon port que l on m a debarque , puis ici :

Pas besoin de finir a la nage ; pas d enfant noye sur la plage

Ou j etais ; j etais bien ; ou je vais j en sais rien .

Personne pour me nuire ; absolument rien a fuir .

Sur mes papiers ; passeport est ecrit en Francais .

Quelques lettres synonymes de libertes .

Mais surtout de responsabilites non assumees .

Organiser ; Manipuler ; Accuser !

la haut dans les bureaux

Accepter de profiter ; Refuser de refugier!

La bas dans les casbas .

Le volcan Yasur est le princpal responsable de mon passage a Tanna . Culminant a environ 400 metres d altitude , son cratere beant est accessible en voiture . Un parking en est situe a 150 metres en contrebas , faisant du mont Yasur , le volcan actif le plus accessible du monde . Beaucoups de gens ne voyagent au Vanuatu que pour s offrir la terreur de sa violence .

Mais cette ile m offrira bien d autres surprises .

Tanna est sans aucun doute l ile la plus visitee du pays et meme si la plupart des curieux , issus de la culture Macdo , en quete sensationelles photos , n y passent qu un tres bref sejour , comme tous endroits touristiques les prix explosent et les relations se biaisent . Il me faudra alors commencer par zigzaguer entre les plots de l avidite engagee des regards croises , ne voulant voir en moi que la monnaie s en degager . Mais ici , au Vanuatu , la resistance est aisee . Un peu de fermete et d assurance permettent une negociation facile et efficace .

___c est 5000 Vatu

—– je t en donne 500 et c est tout

____ah ben d acoord et apres je t invite .

—— ok

Pour ceux qui connaissent , on est loin des bargain epiques d indonesie , du maroc , et de certains pays d Afrique .

Bref apres avoir plante des pieux dans les coeurs de ces vampires affames , je trouverais un logement decent pour 1000 vatu (10euros) par nuit , juste en face du volcan .

Ce qui me permettra de me poser et de rayonner dans le coin .

J ai comme voisin , Theo de Noumea . Il me parle d un village ou les habitants ne sont pas Chretiens mais obeissent a un Culte bien different . “John Frum Cargo Cult” . Je ne rentrerais pas dans les details bien compliques , qui varient suivant les personnes qui vous les apprenent , mais en gros : alors attachez vos ceintures ca va secouer un peu …

Un peu avant les annees 40 un homme nomme John Broome (qui signifie balai en anglais ) apparut a quelques autres , faisant la prophetie que prosperite et abondance surviendraient aux departs des Europeens . Je rappelle qu a ce moment le condominium Franco Anglais dirigeait le pays . Ce fut alors une revolution qui s operait bien que celle-ci ne depassera jamais le stade spirituoculturel .Les fideles reprirent certaines traditions ancestrales alors interdites par les missionaires tels que danses et coutumes . Ils n iront pas jusqu a recommencer le cannibalisme .

Puis la 2 eme guerre eclata , les Americains prirent positions dans le pacifique pour contrer l avancee rapide des Japonais . Santo dans le nord du Vanuatu en fut l une des principales . En 5 annees plus de 500 000 soldats y stationnerent , creant ainsi une demande de main d oeuvre importante . Des gens de toutes iles y allerenr travailler ,

beaucoups etaient de Tanna . La legende raconte alors qu en voyant les soldats noirs Americains travaillant d egal a egal avec les blancs , meme donner des ordres , parfois decores , maniant et possedant des jeeps , des armes , des avions…. et surtout traitant fraternellement les autochtones . Il faut rappeler qu a cette epoque la fierte Europeenne ne considerait pas les “naturels” comme des humains…

Alors dans l esprit collectif , il devint evident que John Broome ; froume ;from ; frum……..America …

Alors apres le depart des justiciers atomiques , le culte evolua pour celebrer cette nation qui un jour reviendra et apportera longue et heureuse vie .

Partout dans l ile , des pistes d atterissage , des wharfs et des docks sont alors construits pour accueuillir le cargo promis .

Tout les matins dans plusieurs villages , le drapeau est hisse tres tres ceremonieusement , puis desendu tous les soirs de la meme maniere .

Vendredi .

Le village capitale du culte est a quelques kilometres . Theo et moi decidons de nous y rendre . Depuis plus de 50 annees , chaque Vendredi la messe John Frum a lieue . Nous nous y invitons et serons accueilli les bras ouverts . Nous rencontrons Isaac one dont le grand pere a ete le premier temoin de l apparition de Johm Broome . Le mouvement revolutionaire qu il organisera a la suite de cette vision lui vaudra de passer 17 annees en prison….Mais depuis de pere en fils ils se passent le relais du pouvoir de communiquer avec John .

Sur simple expression de notre desir de passer la nuit ici pour partiticiper et observer la ceremonie , on nous installe un lit au “quartier general” . Le batiment domine la place centrale du village , et c est de la que sont hisses les drapeaux . A l interieur des photos de Isaac One en uniforme americain couvert de medailles ,des dizaines de drapeux ,et surtout tout un tas de fusils…..en bambous .

Tous les ans en fevrier une grand parade est organisee , defile militaire , chants et danses .

Mais la ceremonie a laquelle nous assistons ce soir est totalement differente .

Alors que la nuit est tombee depuis longtemps deja , que le village semble endormi , la communaute s apprete , nous a t on dit , comme tous les vendredi , a celebrer John Frum toute la nuit .

Peu apres 20h un groupe arme de nombreuses guitares s installe sous le fare central . Alors commence la musique et ses chants si …si….. si …? Vraiment il n y a pas de mot a ma connaissance pour decrire ce que nous entendons alors . C est beau , tres beau mais c est surtout indescriptible . ( si quelqu un le peut je vous en prie allez-y) . Les enfants , les femmes et les hommes melangent leurs voix pour en unir un son vraiment tres particulier , entendu seulement dans ce pays , la derniere fois , c etait a la messe de Lamap .

Des femmes en groupes , des hommes seuls eparpilles dansent autour du Fare . La liberte semble en etre la seulle choregraphe .

Les guitaristes se passent la 10aine de guitares de mains en mains . Chaque groupe jouent 10 morceaux , que mes oreilles peu habituees ne peuvent discernees , 20 mn de pause puis un autre groupe joue a son tour 10 chants , ainsi de suite juqu au matin….

Si comme moi vous pensez avoir atteint le paroxysme de la surprise avec le culte John Frum , je vous promet de vous faire tomber de votre chaise avec les lignes qui suivent , alors un conseil asseyez vous par terre .

Installes?? C est parti :

2 jours plus tard ,Theo et moi decidons d aller passer la nuit dans un village dont le mode de vie ,dt-on , n a que peu change depuis des siecles .

Il y a un an j etais tombe par hasard sur un documentaire a la tele . 5 hommes issus d un village de Tanna : le chef , 1 danseur , 1 eleveur , le medecin traditionel et 1 anglophone , choisis pour partir en Angleterre et vivre au sein de familles issues de differentes classes sociales . Equipes d une camera , ils devaient en faire un film a montrer a leur communaute a leur retour .

Bien sur , en paralelle une equipe de professionelle les suivait pour en faire le film suscite .

Au cours de la serie , on apprend que leur Dieu a eux , n est pas Jesus , Allah ou Jehovah , ni meme John Frum…..mais le Prince Phillip . (le mari d Elisabeth 2)….

Fait que l on apprend au fur et a mesure du reportage , lorssque les nvites Vanuatais apprenent aleurs qu ils sont venus ici pour rencontrer et ramener le Prince a Tanna et ainsi realiser la prophetie suivante :

« Dès qu’il débarquera sur l’île, les plants de kava germeront de partout ; les vieux abandonneront leurs peaux comme des serpents et seront de nouveau jeunes ; il n’y aura plus de maladies et plus de mort … chaque homme pourra coucher avec toute femme à sa convenance. »

Et , d apres la realisation , c est leur acharnement qui les menera a Windsor dans les appartements de Sa majeste , ou ils lui presenteront leur requete , a laquelle il repondra :

la papaye n est pas mur ; mais quand elle le sera ; alors je reviendrais”

Mine de rien on a evite le clash diplomatique ….

Ce documentaire m avait donne l envie a ce moment de partir au Vanuatu , mais mon esprit etourdi l avait range dans des parties de mon cortex que tres peu sollicitees … j avais oublie quoi .

En sautant de la jeep qui nous a conduit au village de Yakel , c est la machoire par terre et l expression balbutiante que je realise que c est ici meme que ce film a ete fait . Je reconnais la place du village , me rememore les images . Cet espace de terre battue borne de banians geants ayant servi de salle de cinema , tout les villageois reunis pour regarder le film ramene par leur heros revenu du pays du Dieu .

L emotion me tourmente et je crois que je tremble lorsque je salue nos premiers encontreurs .

Imaginez vous ; debarquant chez Brad Pitt sans le savoir , et lui qui vous demande simplement combien de sucre vous prenez dans votre cafe .

Saisissez l impression ?

De plus c est vraiment gene que j assume ma condition de voyeur …. ici les gens s habillent en feuille ..

Pour des raisons pas claires ; depuis les annees 70 ils ont laisse tombe les vetements pour revenir aux tenues traditionelles . L etui penien pour les hommes et la jupe de paille pour les femmes .

Mais si genereusement accueuillis ils sauront nous mettre tres vite a l aise . Au fur et a mesure des conversations , nous decouvrirons qu ils ont l habitude d accueillir cineastes ,documentaristes et journalistes en tous genre . De tres nombreux films ont ete realises sur leur mode de vie . Nous passerons un apres -midi et une nuit dans ce village a discuter avec la populasse masculine .

Les discussions se font en Bichelemar langue que j ai appris a baragouiner et a comprendre aucour des 2 derniers mois .Au cours de ces conversations , nous apprendrons que plusieurs d entre eux sont deja partis aux Etats unis et en Angleterre en compagnie de journalistes et/ou cineastes .

Albi est un chef danseur il a fait parti du voyage en Angleterre . Ensemble nous nous amusons a se rappeler des batailles de boules de neige , des repas fast food et nous moquons de l aristocratie anglaise comme si nous avions partage ce voyage , ce qui est le cas en fait . Ensemble nous realisons que partout dans le monde ils ont ete vu , amorcant surement de grandes conversations a travers eux ….Ca fait quand meme bizarre d etre la ….

Et quand je leur dis que le monde entier a pu voir ce film ils ont l air surpris et amuses .

Apres une breve baignade au pied d une cascade toute proche , il est l heure du kava .

Tout en continuant la conversation que je m amuse a mener de mes questions et histoires , les plus jeunes gens parmi nous se remplissent la bouche de racine de kava , ils ;es machent jusqu a les rendre en bouilli qu ils recrachent sur des feuilles disposees au sol . La mixture obtenue est ensuite placee sur une treille de cocotier , un peu d eau y est ajoutee et le tout est presse dans une demi noix de coco . Le chef et les invites boivent en premier … .

Le contenu doit etre avale d une traite…

Alors que les palabres s amenuisent , en harmonie avec le soleil qui descend se cacher dans la jungle jurassikparkienne , le kava lui emprunte nos voies interieures pour decoller nos esprits .

Tres vite plus aucun mot n est prononce , le moindre geste est chuchote , on laisse les esprits divaguer . Petit a petit le feu que nous entourons du cercle que nous formons s eteint au fur et a mesure que nous nous dispersons .

Chacun rentre a la maison . Je suis l un de dernier decide a bouger . En rentrant , de l igname boulli m attend pour Diner chez le chef qui nous offre l hospitalite .

Le matin suivant il est deja temps de partir et de quitter Teo .

Je dois regagner le Volcan pour rejoindre Amine et Chloe . Une tres belle randonnee a travers le Bush m y ramenera en quelques heures .

Ces moments et les sensations dans ce village etaient uniques {et je ne vous as pas raconte l histoire du Norvegien ( si vous me demandez je vous raconte ) .

Et maintenant imaginez ma surprise quand , a mon retour sur internet plusieurs jours plus tard , je decouvre un mail de Theo dont le lien joint me renvoie a une photo de quelques membres du village dont je reconnais le chef chez qui j ai dormi Dimanche dernier , fierement pose sur une estrade du festival de Venise , pour la presentation d un autre film …???? Pendant que nous etions la bas , ils devaient etre en plein preparatifs mais ne nous l ont meme pas mentionne .

Amne et Chloe Vous vous rappelez?? je les avais rencontre lors d un apero Allo la planete , a Perth il y a deja pas mal d annees . . ..Ils sont maintenat equpiers a bord d un voilier qui sillone le Vanuatu , le hasard nous avait conduit a nous retrouver sur Malicollo ; et maintenant c est ici , a Tanna que nous nous retrouvons pour vivre un grand moment de nos voyages respectifs .

Encore une fois , si vous voulez souffler il va falloir zapper car parce que la y a pas de repos programme , et si les lignes precedentes ne vous ont pas etonnes , alors c est maitenant que vous allez transpirez .

C est au pied du Mont Yasur qu Amine , Chloe et moi nous retrouvons .

Son ascenscion sera la communion de nos ambitions .

3300 Vatu (40 dol ) c est le tarif pour passer l entree . Passage de droit coutumier , l argent est monopolise et peu distribue , les infrastructures quasi neantes . Payer une telle somme pour l entree d un site naturel dont les retombees ne sont pas partagees et , n ameliore en rien son interet , me parait etre du vol …. En plus de ne ressentir aucun remords a voler les voleurs , tenter l assenscion version pirate , rendra alors la ballade touristique en parcours epique . De la , aucune hesitation dans mon esprit .

Pour ce faire , la veille , je zone dans les villages alentours a la recherche d un potentiel guide .

Puis je rencontre Jeffrey , lui expose mon projet .

Partir a 3 h du matin , passer par la foret ( comme les 3 nains ) et gagner le sommet de nuit pour profiter des explosions , rendues magiques par l obscurite , en attendant que le soleil ne vienne se joindre a nous, apportant sa lumiere par la voie de l horizon qu offrira l ocean pacifque , dont les pentes de notre hote du moment , plongent quasiment a pic .

Jeffrey exulte a cette idee , son sourire m illumine quand il me dit qu il sera ravi de nous accompagner avant d aller a l ecole ..

Jeffrey a 10 ans , alors avant de conclure l accord qui nous unira , je demande a parler a ses parents mais je sais que ca ne posera pas de probleme.

Le rendez vous est pris ….

Alors le lendemain , comme dit nous arrivons devant la maison de notre compagnon . Je dois alors l appeler et reveiller tout le cabanon….

Je m en sens desole , mais suis accueulli dans des sourires a l unisson …il est 3h du mat putain , et je viens faire chier tout le monde comme le gros egoiste que je suis…et eux ils me sourient ….Vraiment ce pays ….

En a peine 30 mn de marche , sur un sentier d abord forestier que la lune se charge d eclairer , nous atteignons le sommet .

Une aura rouge se degage des cretes qui nous surplombent encore sur lesquelles nous nous empressons de grimper .

La frayeur et l emerveillement se livrent bataille dans nos esprits lorsque notre regard , s offre le luxe de plonger droit dans cette breche qui conduit directement aux entrailles de la terre . On y voit la lave bouilloner dans un ronflement , dont c est sur Satan lui meme , s est inspire pour composer ses meilleurs partitions . A peine le temps de s habituer au cri de ce dragon cache , qu une explosion fait jaillir des pierres enflamees s elevant presque a la hauteur de nos regards subjugues . A plusieurs reprises la violente surprise de ces detonnations m ont quasi fait me jeter dans le vide de la pente opposee au cratere enflamee .

Nous congedions alors le petit Jeffrey qui , frigorifie tremble de la tete aux pieds . Nous lui donnons 2000 Vatu , le remercions avec les mots pour sa gentillesse , avec le coeur pour sa generosite .

Ces gamins sont vraiment attachant .

Perches sur cette crete , nos discussions sont sans cesse interrompues par les explosions qui sont parfois vraiment terrifantes . La lumiere ascendante nous permet , de minutes en minutes , d observer des choses nouvelles , d examiner la roche , d observer l etendue de la plaine de sable gisant au pied de ce monstre . Plus loin sur l arete , les sons d explosions laissent place au rale de la lave qu s agite en contrebas . Le son produt est identque a celui de long rouleaux de vagues s eclatant lentement sur une plage de sable .

Puis parfois , une onde de choc lumineuse parcourt la fumee qui tente de s echapper de cet enfer enfoui , creant un nuage bleu d une dangereuse beaute.

La descente de cendres le long de cette pente abrupte sera un veritable moment de bonheur , nous avons 10 ans et demain c est Noel.

Cette journee si bien commencee , se continuera sur la meme lignee , nous marcherons toute la journee , nous baignerons dans des sources d eau chaudes , degusterons un repas delicieux de legumes du coin et s achevera avec une biere partagee dans la convivialite de l obscurite .

2 jours de repos nous permetront de patienter pour partir assister a l une des ceremonie des plus importantes dans la coutume locale et , qui a lieu juste a cote.

La liberation des enfants circoncis 3 mois plus tot !!!

Toute une histoire !!!

Vous croyiez que c etait fini……Laissez moi vous emmenez pour une derniere danse !!

Vers l age de 6 ans, ici a Tanna , a partir de 12 et jusqu a 20 a Malicollo , les enfants sont circoncis . De nos jours , la chirurgie est operee sous controle medicale , soit carrement a l hopital . Acte a la suite duquel les gamins sont places en quarantaine . Le groupe va vivre a quelques centaines de metres du village , dans le Bush , a l abri d une sorte d enclos prevu a cet effet . Ils y ont resteront 2 ; 3 ou parfois 4 mois , periode durant laquelle ils n auront pas le droit de voir les femmes , y compris soeurs et mere .

Places sous la responsabilite d adolescents et de quelques vieux , la petite communaute vivra nue dans les bois , allant se baigner dans les rivieres proches .

Au loin le son d un instrument etrange resonne au travers de la jungle , c est le conchshell , cela ressemble a un saxophone dont on aurait legerement obstrue la trompette .

L on peut parfois observer la vegetation se mouvoir avec le deplacement de ce son aux accents magiques . Donnant l impression que l endroit est habite par des eflfes aux pouvoirs fantastiques .

La sonorite de ce deplacement n est pourtant pas fait pour enchante la foret , mais eviter la rencontre fortuite avec les femmes .

Pour celebrer la fin de cette periode d isolement une grande ceremonie est tenue , c est a celle ci que nous sommes convies .

A peine somme nous arrives que , deja l on nous propose de nous pentulurer le visage a l image de beaucoups de femmes et d enfants deja bien maquilles . En a peine quelques minutes , nos faces enrobees de vaseline colorees sont a l honneur des objectifs photographiques .

Assis legerement en retrait , nous assistons a l echange coutumier qui se trame en contrebas .

Les familles des papas offrent de nombreux presents aux familles des mamans, pour les remercier de leur avoir donne un garcon . Il n y a pas d offrande assez grande pour exprimer la gratitude d une telle benediction .

13 tas de tarots gisent au sol , pendant plusieurs heures , sous notre curiosite , des homme viennent y deposer des nattes , des manous , des paniers de legumes et des cochons , qu ils tuent sur le tas , a grand coup de masse sur le groin qu ils doivent abattre a plusieurs reprises.

Certains tas sont plus enorme que d autres , mais tous sont incroyablement bien garni. Quand ils semblent etre finis , les femmes qui patientaient eparpillees autour de l arene offrandee , s y engouffrent dans leur tenue coloree .

Vetue d une jupe de paille , leur buste et leurs cheveux sont recouvert de guirlandes colorees , oui bien de celles qu on trouve dans nos supermarches pour les fetes de fin d annee , des plumes artficielles tout aussi colorees , parfaissent le tout eparsement disposees . Ces tiges de couleurs mouvantes aux sourires eclatants qui , se rejoignent en dansant et chantant dans la fosse , ou les freres et les fils retrouves , enlacent alors les soeurs et les meres dans une euphorie d emotions maitrises .Les fleurs embaumes qui , pour le bonheur celebre , sont au hasard jetees ont ete remplacees par des bombes de ………. deodorants !!!!

A peine avons nous le temps de realiser ce qui se passait que , la place est nettoyee et les gens commencent a s en aller ,a l instar d Amine et Chloe qui doivent aller embarquer .

C est l heure du kava ….

Je rejoins le Nakamal , les vieux reunis sur la place entouree de banians geants , commencent a macher la racine envoutee . Sans parler d hostilite leur accueil ne respire pas l hospitalite , je ne boirais qu un shell et m eclipserais pour ne plus deranger .

J ai prevu de rester ici toute la nuit car , m a t on dit des danses vont l animer dans son integralite .

Le soleil se couche , l air devient froid et je commence a me dire que j ai eu tort de rester , que j aurais du rentrer et me coucher . J erre dans le village fumant quelques cigarettes , toutes les personnes qui m arretent pour me demander d ou je viens ou je vais dormir ce soir …..j y reponds 10 fois 100 fois….Je suis epuise , a la recherche d une cachette ou je pourrais etre seul mais n en trouve pas La place qui , l apres midi coloree , si joyeusement animee , a maintenant des airs de chaos absolus , avec ses feux vivotant ,par ci par la , offrant la seulle lumiere disponible , eclairant les taches sombres du sol rappelent les scenes de boucherie encore chaudes dans mon esprit .

J ai faim , j a sommeil , j ai froid ….

Mais putain qu est ce que je fous la ??????

12 eme clope en 2 heures , assis sur un tronc d arbre a cote du sentier , quelques jeunes passants s arretent a mes cotes pour discuter , je n ai pas besoin d improviser , je connais mon texte que je recite dans un soupir rempli d animosite non justifiee .

Puis , le flux d hommes qui passe devant moi , de plus en plus regulier et constant , devient une veritable file indienne qui arrive de je ne sais ou et qui se dirige vers l amphitheatre naturel , s enroulant en son centre . Creant un vortex humain se nourrissant sans cesse de nouveaux arrivants .

Je me joins sans complexe a cette engouement qui parait si naturel . Au milieu de la place j effectue quelques tours , marchant en silence , alors qu autour de moi les pas commencent a frapper le sol gentiment , les gorges a raler febrilement .

Je m ecarte de l evenement et pars a la recherche de nourrirure , je n en trouve pas .

Alors que le coeur humain ne cesse de grossir en nombre et en decibel , je m asseois , m allonge , m endors sur une petite natte ….

On me reveille en me donant une assiette pleine de nourriture . L odeur est immonde , la texture pas franchement mieux mais , je mange par respect pour mon estomac et par gratitude pour ce geste d une humanite si simple . Je ne sais pas combien de temps j ai dormi .

Mais la place s est remplie encore , le son Bariton qui s en echappe fait vibrer l atmosphere .

Mon nouvel ami inconnu m entraine avec lui , me presente a sa soeur coloree , avant de me designer une natte en bord de piste ou je peux m installer .

Je le remercie et repars m effondrer .

On secoue mon epaule , je bondis d un reve etrange a une realite fantastique .

L arene est maintenant pleine de gens qui dansent en tournoyant a une vitesse folle . Les hommes que je devine etre au centre , sans pouvoir les distinguer de mes yeux ,je les les sent vibrer sous mon corps qui tremble de leur puissance et de mes tympans qui bourdonnent aux repercussions de leurs cordes . Les femmes et les filles qui entourent cette force incroyable, l enrobent de leur ferme et majestueuse douceur ,melageant leur couleur dans une intense centrifusion , les grandes branches aux feuilles jaunes portees par elles , encore plus haut vers le ciel, de par les sauts rythmes au son des pas masculin apportent la 3eme dimension , les chants feminins en sont la 4eme en apportant la touche fatale a cette scene surnaturelle . Ce son repandu qui attrape la moindre cellule receptrice de mon etre engourdi , est d une indescriptibilite sur laquelle je ne m engagerais pas . Cette molecule humaine qui s agite au bout de mes pieds qu elle ecrabouille presque , semble etre mue par une force collective imperceptible mais d une puissante realite .

Durant mon sommeil dont je n ai aucune idee de la duree , des groupes electrogenes alimentant des jeux de lumieres ont ete installes , fignolisant subtilement l eclatance de ce moment .

Je passerais le reste de cette nuit entre somnolence , reve et cette chantante realite .

L on me reveille une derniere fois , cette fois le jour s est leve et les danses continuent meme si il est vrai que le paysage est beaucoups moins bonde .

Vanuatu Malekula

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Il est temps de retrouver Eric et Musique pour une nouvelle traversee qui nous menera cette fois sur l ile de Malicollo . En raison de problemes techniques , il nous faudra pres de 3 jours pour rejoindre , avu sud de celle-ci , l archipel des Maskelynes . La quantite profusionelle des baies au mouillage agreable permettant un debarquement au coeur de villages au moeurs coutumiers encore bien ancres , rend la zone populare aux voileux , les yachties , comme on les appelle dans le coin .

Eric me deposera sur l une des iles de ce micro archipel : Avock .

Avock ne compte qu une centaine d habitants . Les conditions de vie y sont plutot difficiles du fait que l eau n y coule pas , les habitants , ou plutot les habitantes et les enfants , se doivent d aller remplir a coup de pagaie ou d enjambees quand la maree le permet , leur bidon en tous genre dans la riviere qui coule sur la “grande terre” . Bien que situee a seulement quelques coup de rames , la corvee donne une dimension ardue a la vie quotidienne , accentuee par le fait que les jardins sont eux aussi sur la grande terre , parfois a plusieurs kilometres du debarcadere , obligeant alors les residents , tous agriculteurs de leur propre nourrice , a effectuer de longues distances sur les sentiers vallonees charges de leur pitance quotidenne ou des materiaux qui apres d habiles transformatons deviendront des toits , des murs , des outils ou des objets d usage quotidien .

Eh oui! Ici on fabrique tout ….ou presque …

Mais le drame de ces villages n est pas dans la difficulte singuliere de ces taches menageres ….mais dans son accentuation due a la grande paresse masculine du fait d une consommation de kava excessive …

Je ne suis reste que 2 jours et 2 nuits dans ce village mais ce que j ais vu m irrisse encore le poil …

Tous , ou la tres grande partie des hommes du village sont obsedes par la boisson magique …

Alors que dans beaucoups d endroits on commence a “lever les selles” a la tombee de la nuit ici on commence des 3 heures de l apres midi…et ce j usqu a peut plus ….

En plus le kava consomme ici est de mauvaise qualite , rendant les lendemains difficiles . Bref les hommes se reveillent tard et ont du mal a emerge de la “cuite” de la veille …ils sont alors trop paresseux pour accomplir les quelques taches assignes a leur condition de males superieurs. Personne ou presque ne peche l abondant poisson , ni meme les langoustes que le recif offre a profusion . Personne ne repare ou entretien les maisons ( c est le seul endrot ou les degats domestiques dus a Pam sont encore evidents ) . Les jardins ont donc l accent feminin , les travaux masculns reduits a leur strict minimum rendent la diversite nutritionelle et gustative quasi nulle .

J avais vraiment l impression d errer dans un village en voie d extinction …

Considerees comme des etres inferieurs reduites a l etat d esclave , les femmes , sans se plaindre se demenent pour apporter a leurs enfants et aux eventuels etrangers comme moi le meilleur qu elles peuvent .

Lorsque j exprimerais mon souhait de partir l on s empressera de me proposer de me debarquer en pirogue sur la grande terre des que la maree sera haute . J accepte …

Seulement quand la maree est haute , on me dit qu il faut mantenant attendre qu elle redescende …. Bref tout le monde a la flemme de me deposer mais plutot que de me le dire …. tous font des plans sur la comete et on me prend pour un con de blanc …

Je dois donc rester une nuit de plus ….et aux aurores la maree assez basse je traverserais a pied prenant a peine le temps de dire au revoir et de remercier pour l hospitalite …

A peine quelques heures de marche plus tard j arriverais a Lamap . Au temps du condominium Lamap etait la 3eme ville du pays . En se balladant on tombe sur les ruines des anciens batiments comme la station meteo , le lycee , l hopital ou la centrale electrique …. Temoins d une epoque coloniale revolue que les anciens du coin semblent a evoquer le soupir nostalgique . Mais le bastion de ces vestiges est sans aucun doute la francophonie… ici presque tout le monde parle le Francais parfaitement , bien le manier est une fierte locale .

J y serais accueilli comme un vieil ami .

Dans 10 jours le village tiendra un grand festival culturel je decide alors de rester . Le temps maussade me donnera le temps d apprecier la grande bibliotheque bien garnie de mes nouveaux amis : Rock et Noella .

Ils habitent juste en face de Port Sandwich , le mouillage de tous les yachties de passage , depuis trentre ans ils aiment accueillir les visiteurs pour un cafe , une part de gateau et un peu de philosophie …..

Bref ces 10 jours d “attente “ seront une vraie nourriture spirituelle dont j avais grand besoin …

La veille du festival j apprend l arrivee d Amine et Chloe , 2 amis rencontres a Perth lors d un apero “Allo la Planete” .

Ces 2 jours de festival entre danses traditionnelles , bonne bouffe , kava , demonstrations en tout genre musique et jeux seront aussi agreables qu instructifs , bien que le fait de me retrouver propulse dans cet univers ultra touristique me fasse un peu bizarre , c est toujours bon de cotoyer un peu d esprit blanc …

Malicollo est l une des iles du Vanuatu des plus mystique ou la culture traditionnelle cotoie sans complexe les rites des religions chretiennes apportees par les missionaires de raison , sans qui le monde ne serait pas ce qu il est .

Durant mon sejour je rencontrerais Calixto . Age de trente ans il a voyage dans tout le pays collectant les histoires les mythes et les legendes pour les retranscrire . A la suite de quoi avec l aide de l alliance francaise il editera un livre de recueil ben connu dans le pays . Il voyagera egalement a plusieurs reprises en Nouvelle Caledonie dans le but de partager et d enrichir ses recherches .

Calixto restera en couple pendant plusieurs annees avec une francaise ethnomusicologue ..

Si j insiste legerement sur le profil educatif de cet homme c est pour tenter de vous apporter le relief et la dimension que les heures passees a ses cotes ont taille dans mon esprit .

Tanquillement installes , chez lui nous prenons le petit dejeuner Calixto me raconte alors comment les anciens , avant l arrivee de la pirogue , pouvaient voyager d ile en ile .

Il leur suffsait de remonter la riviere principale de l ile jusqu a sa source . De la , il fallait sacrifier un enfant qu grace a son sang permettait a l homme commetteur de se fondre dans l eau et ansi pouvoir voyager jusqua n importe quelle autre ile possedant une riviere par laquelle il rentrerait .

Nous avons vu dans l episode precedant que l enfant n a pas une grande valeur dans la culture melanesienne je vous invite a lire ce passage pour mieux comprendre cette relation .

Calixto devant l evidence de mes yeux ebahis se sent oblige d ajouter qu il existe alors une formule qui permet de ne pas connaitre la souffrance de la perte de cet enfant .

Je n ai le temps de rien dire quand il continue m indiquant du doigt le ciel , me demandant si j avais deja vu des lumieres s y deplacer . Me contentant d un signe de tete pour l encourager a poursuivre .

_Vous (les blancs) pensez qu il s agit d etoiles filantes ou de satellites??

—Nouveau hochement de tete

—eh bien ce sont des vieux qui voyagent!

—encore aujour d hui?

–oui beaucoups utilisent encore ce procede mais personne ne doit les voir ou le savoir sinon ils mourraient instantanement ….

Calixto est issu de la famlle des grands chefs de Malicollo . En pleine negociation avec l Etat pour recuperer les terres et les pouvoirs ancestralement possedes par son clan .

La lutte est juridique les arguments magiques .

Pus il me parle des funerailles des vieux sacres dont ses aieux font partie .

Avant d enterrer le corps il faut que tout ceux qui le doivent viennent se receuillir sur la depouille . Il me precise que ces personnes peuvent etre loin au moment du deces et qu ils leur faillent plusieurs jours pour venir ….

Peu importe l etat de decomposition le corps est garde au sein de la famille jusqu a ce que tous les autres chefs et la famille ….l aient vu .

Mais le plus surprenant reste a venir ..

Lors de l inhumation , la tete est soigneusement gardee hors du sol , un gardien est designe pour l entretenir et la surveiller pendant 3 mois . A la suite desquels une derniere ceremonie est tenue . La tete est alors separee du reste du corps et conservee par les descendants …. Calixto m affirme que ce rituel a encore cours aujour d hui et j aurais tendance a le croire , mais en interrogeant d autres personnes je m apercevrais que le sujet a l air Tabu….

?????

La pluie ne cesse de tomber pendant les10 jours precedants le festival . Alors on fera appel a un “magicien” a qui l on donnera une certaine somme d argent pour qu il fasse en sorte que la pluie cesse pour le festival .

J interroge a ce sujet et on me dit que le sorcier est parti en pirogue au large en emmenant divers objets inconnus pour faire ses incantations .

Le matin du festival il pleut encore beaucoups mais quelques mnutes avant l arrivee des touristes , le deluge cesse….pour reprendre le soir venu apres leur depart .

Le lendemain pas une goutte …

????

Vous l aurez compris . la magie noire est encore tres presente . Bien sur les femmes n ont pas le droit de l utiliser , mais tous les hommes connaissent quelques sortileges et certains”gurus”ont de grands pouvoirs .

L influence de la magie noire avait grandement diminuee avec l arrivee des missionaires , puis des colons ensuite . Mais il semblerait que depuis l independance une recrudescence des pratiques et des croyances ancestrales ait lieu . Heureusement le canibalisme n est apparrement pas revenu a la mode . Mais etait pratique dans beaucoups d endroits jusqu a il n y a pas si longtemps lors de ceremonies. .

La circoncision , les funerailles , les passages de grades pour les chefs sont des occasions ou de grandes ceremonies rituelles prennent place au sein des villages .

Pour etre chef il faut faire partie d une lignee de chef , mais cela ne suffit pas car il faut au cours de sa vie passer des grades .

Pour ce faire le pretendant doit inviter les chefs de clans voisins a un grand festin et leur offrir des cochons et toutes sortes de cadeaux . (avant les femmes pouvaient faire partie du lot ansi qu un homme en guise de festin ) aujourd hui le cadeau ultime est le cochon aux dents retournees . Pour ce faire quand le cochon est encore jeune on lui arrache les dents superieurs , on le castre et on lui attache le groin . Ensuite durant toute sa vie il sera nourri par les femmes a la main . Les dents poussent jusqu a traverser la machoire du haut avant de s incurver et de retraverser la machoire du bas . ….il faut a peu pres 7 annees pour faire un tour complet. Alors ce cochon represente la plus gande valeur monetaire qui soit ….Pour passer les plus haut grades , plusieurs d entres eux doivent etre offerts .

Le Vanuatu est un petit pays a l echelle planetaire . Et pourtant cet archipel de pres d une centaine d iles , dont des dizaines sont habitees , chacune comportant plusieurs villages , chaque village plusieurs tribus , chaque tribus plusieurs clans …..Chaque villages peut avoir des traditions diffrentes des autres et a souvent sa propre langue . Le Vanuatu avec plus de 200 langues ( on parle bien de langues pas de dialectes) est le pays au monde ou il y a le plus de langues par habitants .Certaines n ont que 50 locuteurs . Seulement quelques unes sont ecrites et ce depuis tres recemment par quelques chercheurs erudits .

Dans cette diversite Malicollo ne fait pas exception mais il existe 2 grandes familles de tribus . Les “small nambas” dans le sud et les “big nambas” dans le nord .

La difference vient de la taille de l etui penien que les hommes portaient autrefois et encore aujourd hui pour certaines ceremonies .(notamment le festival de Lamap).

L etui penien est l ecrin de feuilles qui entoure le sexe de l homme qui est le seul “”vetement” porte . Sa taille ne depend pas de la dimension du penis mais de la taille des feuilles utilisees .

Les femmes elles portent une “jupe” de paille et ont le torse nu .

Apres ces 2 jours de festival ben marrants , je continuerais mon chemin a pieds a travers la brousse et le long de la cote pour faire une grande partie du tour de l ile . Ce qui me vaudra de grands moments au sein de la culture locale .

Ben que tres interessant , j ai maintenant envie d aller a la decouverte d autre chose et de m extirper de la culture melanesienne que je traverse depuis 18 mois deja ….

Alors le shema de mes prochaines aventures se dessinent au rythme de mes pas au fond de cette contree faconnee par la magie .

Mais avant de vous en parler j aurais de bien belles histoires de volcans , de danses , de rencontres et de chance a vous raconter….

Alors a tres vite pour la sute au Vanuatu…

Je voudrais vous remercier si vous en etes a lire ces lignes vous n etes pas tres nombreux et je sais qui vous etes . C est en pensant a vous que je les ecrit . Ecrire m apporte un moment de joie et me permet en quelques sorte d archiver mes souvenirs et meme de mediter a propos des moments passes . Je ne saurais assez vous remercier de m en donner la volonte . Et si je ne vous connais pas et/ou que vous etes par la pour la premiere fois , alors je vous souhaite la bienvenue et espere que ces dernieres minutes vous auront apporte autant de plaisir qu a moi .

Merci…..

David.

Espiritu del Santo

La traversee de Vila jusqu a Santo aura dure 4 jours . Un agreable cabotage le long de l ile de Malekula , dechargeant tantot du fret , tantot des passagers, ou bien encore acheter du kava , dans le but de le revendre a l arrivee a Santo . Operation predite fructueuse , qui s averera etre un veritable fiasco financier , sur lequel je ne m etenderais pas ici maintenant , au vue de la longue aventure que j ai la a vous raconter .

Je me trouve au marche de Luganville , la petite capitale du pays , principale bourgade d’ El Sipiritu del santo , la plus grande ile de l archipel , celle qui pretend a devenir , un jour , le centre economique du pays.
C est Queiros qui la baptisa ainsi en y abordant en 1606 , pensant avoir decouvert le grand continent Austral , cense , d apres les croyances contemporaines a l epoque , faire contrepois aux terres de l hemisphere nord …..
Je suis donc au marche , a la recherche d un quelconque transport pour m ammener au village de Tassiriki , d’ou je compte commencer un periple a pied d une 10 aine de jours , qui m amenera de villages en villages au coeur de la brousse vanuataise , dans les endroits ou vivent des communautes des plus isolees du monde .
Je demande alors , a qui veut bien rendre mes sourires adresses , s il connait quelqu un succeptible d aller par la bas et de m y transporter par la meme occasion .
C est ainsi que j en vint a croiser le brillant regard de Rose , a qui la meme question je pose ; qui sans me consulter s impose ; dans l aventure que je propose ; et sans vouloir cette prose ; ne trouve rien qu s y oppose .
Curieuse des raisons qu me poussent a rejoindre Tassiriki , elle me questionne sur mes intentions , que je lui deballe sans detail , alors simplement elle me dit qu elle veut venir avec moi . Je lui fais part des difficultes presumees et de l indetermination de mes ambitions . J ajoute qu en aucun cas , malgre le plaisir certain d’ une telle compagnie dans cette hasardeuse odyssee , je ne paierais rien de plus que le cout expecte pour moi seul . Sans poser plus de questions , elle rempli un sac plastique de quelques affaires , empruntees a une amie , qui n habite pas loin.
Elle ne se demande pas ce qu elle va manger ou elle va dormir et n a pas du tout conscience de l eventuelle galere dans la quelle elle se lance ….
Meme si la raison me pousse a rester mefiant , je suis sous le charme de cette aptitude libertaire qui consiste a ne absolu pas penser a demain et a se jeter dans n importe quelle aventure les yeux fermes.
Alors ensemble nous nous mettons en quete du vehicule que nous ne trouverons que le crepuscule venu .
Le chauffeur demande 1000 vatu chacun , Rose dans son Bichlamar natal negocie le prix jusqu a 500 pour 2….
Je realise avec ravissement que sa presence va beaucoups m aider .
Les marchandises que nous sommes devenus partageons l espace de la benne d un 4+4 avec 7 autres comme nous et tout un tas de produits plus ou moins confortables. Rose et moi avons la chance d etre tasses sur un enorme sac de riz , notre voisin , est assis sur des marteaux et a une tondeuse sur les genoux,son ami sur un carton de clous qui se detruit au fur et a mesure des 2 heures de pistes que nous cahutons .
Tres vite les chaudes couleurs du soleil couchant qui illumine les versant des montagnes plongeant a pic dans le plus grand ocean du monde , laissent place a une chape d etoile qui s ouvre a l infini , aussi loin que l horizon ne nous en laisse la permisson . Si bien que le bercement brutal de notre vaisseau , alors devenu spatial , me rempli d une euphorie aussi douce et legere que l atmosphere qui regne a bord . De temps a autre le regard de Rose croise le mien , je me demande alors bien , ce qui a ce moment puisse eclaire le sien .
Il fait nuit et deja tard lorsque nous arrivons au village , nous n avons ni mange ni ne savons ou dormir . Nous interrogeons nos compagnons de cahutage . A mon heureuse surprise , nous indquent la “guest house “ . Je ne pensais vraiment pas en trouver une ici.

Rose demanda le prix , apres avoir mentionne a la gerante de l etablissement ses liens de parente avec des gens du village , ce qui nous vaudra une sacree reduction , nous ne paierons alors que 300 vatu pour la nuit .
La guest house , l ecole et l eglise sont les seuls batiments du village fait de briques et de ciment .
Il y a 3 chambres cote a cote , qu une grande salle faisant office de cuisine , parce qu equipee d un rechaud a gaz , ont comme entree commune .
L endroit sert a acceuillir les visiteurs dont la plupart viennent pour une misson precise , rarement un touriste n y avait passe la nuit .
Une semaine avant notre arrivee , y avait ete accueilli les pasteurs des villages voisins venus pour un seminaire .
Mes limites dans la comprehension du Bichlamar ne me permettent alors pas de comprendre les conditions de l accord etabli .
C est donc etonne que je vois la gerante preparer pour nous la seulle chambre qui comporte un grand lit double. Je jette alors un regard interrogateur a Rose , elle me repond levant son pouce ,ses yeux m interogeant a leur tour , un leger hochement de tete accompagne le mouvement , dans sa direction , de mes mains , les paumes vers le haut lui faisant comprendre que ce sera comme elle voudra .
Ce soir nous nous contenterons de manger 2 paquets de noodles au poulet qui trainaient dans le fond de mon sac , en compagnie de quelques villageois , qui curieux de mes intentions , sont venus a l interrogation . J en profite alors pour tenter de recueillir un maximum d informations sur la topographie , les temps de trajet entre les villages , et les possibles difficultes que nous pourrions rencontrees . Des amis d Eric , le capitaine de Musique , m ont deja pas mal renseigne , mais je comptais sur les precisions des autochtones . Je serais decu de m apercevoir qu ils connaissent tres mal le terrain de ma prochaine aventure . J expose la seulle carte en ma possession , a savoir celle du petit guide distribue gratuitement a tous les visiteurs .
Je la pense completement fausse , malheuresement , ce que j apprend ce soir le confirme .
Lorsque je demande aux gens presents : combien de temps il faut pour rejoindre tel ou tel village a pied , on me repond .
“ you can’t , you have to take a boat “
Je retorque ;
“ I can , meme si je dois marcher plusieurs jours , c est d ailleurs ce que je vais faire “
A ces mots , je sens Rose qui tressailli , je lui redis alors clairement quels sont mes projets et qu elle n est absolument pas obligee de venir . Elle me repond qu elle viendra …
Je reprend alors mes questons .
“combien d heures faut il pour rejoindre le prochain village ?”
“ 3h ; 4h ; 1 heure est capable de me repondre une seulle personne en une seulle phrase .
Je comprendrais alors qu il est vain de tenter de demander ce genre d information a des gens pour qui la notion du temps n a pas vraiment de sens . Le soleil se leve le matin , se couche le soir; le lendemain ca recommence …. voila tout .
De plus , dans ces contrees pacifiques il n est pas l habitude de repondre “je ne sais pas” a une question posee , on prefere carrement vous repondre n importe quoi. ….
Je suis tente de laisser tomber ma quete d’ nformations , mais au cours de ce periple , comme dans toute randonnee , j aurais besoin d une estimation de temps de trajet, aussi vague soit elle , entre 2 point de dodo possibles , pour etre sur ne pas avoir dormir au milieu de la jungle humide et moustiqueuse. Alors sans carte valable il me vaut mieux des approximations abracadabrantesques que rien du tout .
Je me dis que quand on me repond 1 ou 2 heures , c est juste plus court que quand on m en indique 6 ou 7 . Sinon parfois j utilise la technique suivante . Je demande d abord a la personne que j interroge , combien de temps il faut pour aller a l endroit d ou je viens , ensuite lui demande combien de temps pour aller a l endroit ou je vais . Si par exemple la reponse est identique je sais que je suis plus ou moins a mi-chemin….
Bien souvent je pose la question par amusement tellement les reponses sont extravagantes .
Par exemple on me dit:
“ si tu pars a 7h tu arrives a 16 h . “
“et si je pars a 10h? “ sarcastiquement je demande ,
“ pareil “
N ayant l heure que sur mon telephone qui est souvent eteint , je ne la connais jamais precisement et me repere d apres la course du soleil. Alors que je croisais un villageois equipe d une montre , ce qui est tres rare , je lui demandais l heure ; avant de l interroger sur la duree estimee pour marcher jusqu au prochain village. Il me repond alors :
“ Tu t en moques de toute facon tu n as pas l’ heure! “
Traverser ce genre d endroit aide a palper l artificialite du temps mecanique indispensable a nos esprits occidentaux , mais bien superflu par ici . Ce qui je pense est en partie une des raison de l incomprehension permanente de nos 2 cultures .
Bref , apres la soiree passee a engranger un max d infos contradictoires , j arrive a conclure que la distance entre tel village et celui la est le double qu entre celui ci et celui la . Je note ces infos sur la carte en notant 1 pour la premiere distance que je vais parcourir , elle me servira ensuite de repere et d echelle une fois effectuee .
Je ne suis neamoins pas trop inquiet , tant le nombre de villages sur la route semblent etre relativement important et , en effet , je m apercevrais vite que de ce cote , il n y a pas lieu de s inquieter .
IL est tard et largement temps de dormir , mais aussitot glisses sous la moustiquaire , Rose me montre , d une facon pertinente , qu elle a d autres plans pour le reste de la soiree.
Je pense : etrange situation ; je pense : la foi religieuse qui abritait ces murs il y a peu encore souffle un drole d air ; je pense au repos dont nous avons besoin pour endurer les dures futures journees , je pense ; je pense a tout ca et a d autres choses encore , j y pense , j y pense….
….et puis je m en fous ….
Les premieres lumieres passent a travers les defauts d etancheite du toit de tole quand quelqu un frappe faiblement a la porte de l auberge. Une fillette ,qui a depuis peu l age de marcher , nous apporte 2 petites baguettes de pain fraichement tiedes …Premiere attention d hospitalite spontanee , de celle qu ’emeuverait n importe quelle placidite .
Nous degustons ce petit pain delicieusement sucre au leger gout de fumee en regardant se reveillait le village d un si lent tempo .
L auberge est situee juste en face du jardin d enfant , qui se remplit des ses hotes au fur et a mesure que j organise mon sac a dos et que nous effacons les traces de notre passage .
Tout comme dans la nature , je fais toujours en sorte de n en laisser aucune chez les gens qui m hebergent .
Tous nos nouveaux petits voisins ont les yeux rives sur mes moindres faits et gestes . D’ abord intimides , voire carrement effrayes , certains prennent plus de temps a rejoindre le groupe qui nous observe de pres .
Riant aux eclats a chacune de mes paroles ,soient elles en Francais , en Anglais en Bishlamar . Apres quelques minutes de ce manege , nous somme pret a decoller .
Nous devons juste trouver quelqu un pour nous montrer le debut du chemin. Ce devra etre le cas a chaque village traverse , tant le nombre de sentiers allant vers les jardins est important . Une fois parti , l une des difficulte de la randonnee sera de discerner le bon chemin , de ceux menant aux jardins ou de ceux traces par les animaux .
Quand nous expliquons aux gens notre projet de parcourir la cote ouest a pied , ils ne comprennent pas et veulent absolument nous faire monter dans un bateau .
Alors que nous demandons simplement a un jeune type de nous montrer le depart du chemin , il nous explique que notre projet est impossible . Je lui dis que si , il me dit que non . L histoire dure un bon quart d heure au bout duquel je le crois vaincu et qu il va nous montrer la route. ….incredules nous le suivons …pour qu il nous amenent jusqu a…….. son bateau …..
Sans un mot , seulement dans un grand soupir bruyant je lui tourne les talons…. et je me casse laissant lachement Rose s en depatouiller . Puis nous croisons un vieux , vetu d un simple calico (sorte de tissu decoupe en culotte courte lie a la taille par une tresse de pandanus) je me dis que lui doit connaitre le chemin…
Seulement il ne parle bien sur ni Francais ni Anglais , mais ce qui me surprend est qu il ne connait pas le Bichlamar non plus….il ne parle que le dialecte local , idiome du village , connu d une petite 100aine de personnes seulement.
Impossible de donner un age a un tel ancetre , peut etre tres vieux , mais surement pas tant que ca . Ses cheveux blancs , jaunis par la fumee du feu de la cuisine qu il respire quasiment en permanence a l interieur de sa maison , ont la meme couleur que ses yeux caches derriere un leger voile de mucus. L elasticite de la peau de ses membres nus , semble peiner a retenir la viscosite de ses vestiges musculaires , qui n ont plus aucune vigueur .
D apres les signes et les exclamations qu il profere , nous comprenons que la droiture de mon corps qui porte ce gros sac lui paraissant si lourd , l impressionne . Le son de ma voix l etonne et meme , l effraie un peu .
Rose parvient a lui faire comprendre notre destination , il nous montre l embarcadere , je lui montre mes pieds , ils nous montrent la route .

En a peine 1 heure nous gagnons un merveilleux petit hameau perche sur une falaise .Il domine la mer qui le nourrit .
Un groupe de femmes , en compagnie de bebes souriants , sont assisses au pied d un manguier geant , nous bavardons quelques instant , je leur demande si elles auraient des fruits a vendre . L une d entre elle se leve et part en direction d une maison , elle en revient chargee d un regime de banane qu elle me tend . Je lui demande le prix , elle rigole , je lui donne du materiel de peche , elle rigole , je salue en remerciant , elles rigolent . Voila comment se passeront la plupart de nos passages dans les villages .
Meme si le terrain de cette marche ne sera pas toujours facile , le fait de ne devoir porter aucune nourriture et peu d eau , allegeant ainsi grandement le poids du sac , rendra l aventure tres accessible.
Au cours des 7 jours que necessiterons ce trek nous boirons l eau des rivieres et des cocos , mangerons les fruits fraichement ceuillis sur la route , accepterons les dons des gens croises et dormirons la ou ou l on voudra bien de nous. Cette premiere rencontre , ainsi que le petit pain du matin confirment les chances de reussite de cette expedition qui s annonce bien … ca sent bon la rose !
Mais comme tout chef d oeuvre doit avoir ses touches d imperfection , notre idylle n y fera pas exception.
La premiere pointe son nez des le prochan village , celui de Tovo Tovo.
Ici un mariage se prepare , chaleureusement accueullis par le groupe que nous rencontrons. Ils ne veulent plus que nous partions , nous insistons et apres des adieux interminables , alors que nous nous connaissons depuis 30 minutes , nous arrivons a demarrer. Mais l un d entre eux , nous suit pretextant que sans lui nous allons nous perdre . Il nous accompagne , nous precedant , sans manquer de nous montrer tous les petits sentiers qu d apres lui nous auraient perdu au coeur de la jungle sauvage ….Je lui dis qu en aucun cas je ne me serais trompe a de tels endroits et qu il ne doit pas hesiter a rentrer si il le desire car nous n avons pas besoin de lui , mais il pretend que sa presence est essentielle . Apres une petite heure il decide que c est assez , maintenant grace a lui nous sommes sauves ….
C est 1000 Vatu…..
Evidemment je refuse sechement de lui donner sans meme prendre le temps de m arreter pour lui dire au revoir tellement je hais ce genre de marchand de tapis.
Il s enerve et nous maudit .
Je m arrete , pose mon sac , lui dit qu il n est qu un menteur , un charlatan , une honte pour la belle communaute qu il represente…. il me repond , surpris mais effronte , qu il est un missionnaire de dieu , qu il ne peut par consequent pas mentir .
Dans les yeux je le regarde puis d un ton appuye
“ tu mens , je le sais ; tu le sais , ET TOUT LE MONDE LE SAIT !!Terminais en je en levant lourdement les yeux au ciel “
A ces dernieres paroles , je vis la peur envahir les siens , il se confondis instantanement en excuses et fis de demi tour en me lancant un
“-dieu te benisse”
_je ne veux surtout pas que le dieu auquel tu crois ne me benisse “
Et il partit bousculant presque Rose qui trainait un peu derriere , qui dut se demandais alors bien les raisons de sa fuite soudaine , mais sans prononcer mot , continua simplement son chemin.
Nous ne traverserons plus de village avant tard dans l apres midi. Nous y demandons l hospitalite pour la nuit ,requete expressement acceptee mais nous devrons cependant attendre le retour du chef , car la coutume veut que nous restions dans sa maison et mangions la cuisine de sa famille . En attendant on nous propose un bain dans la riviere toute proche .
Quant nous rentrons , Tamata le chef , est de retour sa femme et ses filles , averties de notre presence sont deja a la popote .
Je distribue aux gens presents de grands sacs plastiques , des hamecons ,des bougies , du fil , de la corde ….et propose au chef d acheter pour 500 Vatu de kava et de le boire ensemble avec les gens de son choix .Il me serre la main entre les 2 siennes . Ravi .
Ici le kava c est sacre , les gens adorent ca , un peu comme l apero dans nos contrees franchouillardes . Mais ils n ont pas forcement les pieces pour s en procurer toujours .
Il va lui meme le chercher chez une famille qui en produit a quelques pas . Ensuite , dans l obscurite quasi complete de la piece unique de sa maison fate de bambous et natandura , eclairee par une faible lampe solaire et la lueur du petit brasier qui sert a la cuisine , il se met a decouper les precieuses racines en menus morceaux , apres quoi il faut les passer au broyeur a manivelle , desfois il est mache , parfois encore , ecrase a la pierre .
Une fois broye il est melamge a une certane quantite d eau qui sera ensuite filtree pluseurs fois au travers d un linge….le kava est pret.
Servie souvent dans des demi noix de coco appelee alors : “selle” , dont la quantite doit etre bue d une traite .
Je ne crache jamais en buvant le kava . Mas la plupart des gens le font sans arret pendant des heures apres son ingurgitation , le chef et ses convives ne font pas exception , sans cesse alors ils postillonent bruyament sur le sol en terre nue de la chambre/salon/cusine/poulailler dans laquelle nous nous trouvons , qui est sa maison a lui ,sa femme et ses 3 enfants .On laisse passer quelques minutes entre chaque selles pendant lesquels on mange les ignames que sa femme a eplucher et fait bouillir sur le feu au milieu de la piece .. Apres quelques selles et quelques ignames , je tombe de sommeil sur l un des 3 lits que comptent la piece .Le lit est une planche surelevee de 30 centimetres par des pieds , le tout en bambous est recouvert d une grande moustiquaire . Je dormirais d un lourd sommeil jusqu au matin . Reveille par le chant de la basse cour et de tous les animaux qui animent l aurore villageoise cochons , chiens , chats …..et enfants qui jouent bruyament dehors .
Toute la famille est deja pleinement active : sur le feu les tarots que nous emmenerons sont deja en train de cuire , la femme et les filles parties au champs depuis longtemps deja . Tamata attend a l exterieur que Rose et moi daignons sortir de notre lourd sommeil kavatesque .
Juste le temps de le saluer , d enfiler les fringues humides de marche , laves la veille dans la riviere , que nous nous remettons en route pour une autre journee de marche qui s’averera etre longue……tres longue .
Nous commencons a zigzaguer le long d une riviere meandrante a travers la brousse , offrant de superbes trous bleus a chaque virage qu elle dessinne dans le paysage . Nous buvons son eau fraiche a grande lampee presque chaque fois que nous la traversons . Puis commence l ascension , d abord lente et progressive , la pente devient vite tres raide demandant a nos corps inhabitues des efforts , pour ma part oublies , qui pour Rose ne connaissait . Elle peine , elle sue mas ne se plaint pas et avance d un pas bien que lent , regulier . Apres 2 heures de cette penible ascension , j arrive a une superbe cocoteraie , ou je decide d attendre la petite retardataire . J attends …. j attends ….elle ne vient pas , mon impatience legendaire me fais tres vite l appeler en sermonant la cause de mon irritation , lui intimant l ordre de bien vouloir faire l effort de se depecher . Apres de longues minutes elle apparait , dans ses bras…..un corrossol qu elle a pris le temps de cueillir , la peine de transporter , alors que j ai fonce devant sans meme l apercevoir …..
Nous nous en repaiscons sur le champs . Mon dieu que c est bon .
J adore l idee de marcher et se nourir de se que nous trouvons sur la route …. Coco , corrsossol , pomme kanak , pamplemousse et orange sont les snacks reguliers que nous nous offrons .
Alors que nous pensons etre bientot au sommet de notre effort il nous faudra encore en fournir de bien grands avant d y arriver . Mais en haut la recompense sera grande . Je ne sais pas a quelle altitude precise nous nous trouvons mais j ai bien l mpression que nous avons gravi au moins 1000 metres + …. L herbe est si verte que j ai parfois des flash back de mes lointaines contrees alpines . Des souvenirs viennent et se bousculent , mon esprit s evade des soufffrances de mon corps pour revivre de grands moments de nostalgie d une epoque passee . Si bien que je ne m apercois pas qu un petit groupe d enfant s est forme a ma traine .
Nous sommes arrives dans l ecole . Une Ecole primaire accueillant la 30 aine d enfants du bled . Les instituteurs John et Alice nous y accueillent . C est justement la pause dejeuner , naturellement , ils nous invitent a partager le repas qu Alice est en train de preparer .
Alice et Rose iront manger dans la cuisine enfumee , tandis que John et moi mangerons “en terrasse “ sur les bancs de l ecole .
Dans la culture melanesienne les hommes et les femmes ne mangent pas ensemble .
Les roles sont d ailleur bien distinct . Les femmes s occupent des enfants , de la maison , des invites du jardin , de la cuisine , des marches ; les hommes ,eux , de la construction et du reste ( j ai toujours pas tres bien compris quoi d ailleurs ??)
Bref nous partageons un plat de tarots et de papayes cuits dans le lait de coco . Le violet des tarots , l orange eclatant des papayes et le blanc franc du lait donnent a l assiette une classe que bien des chefs envieraient et le gout va pas mal non plus .
Avec john nous parlons de notre parcours , echangeons quelques banalites mais tres vite il en arrive a la religion .
Lui vient des les iles Salomons , ici en mission Divine il desire me voir devenir chretien avant la fin du repas … ce qui m’ irrite un peu . Alors quand il me dit que dieu est partout , meme dans le tarot que j avale goulument , je fis mine de recracher de peur d avaler Dieu…
Imagine la loose , glups !!plus de Dieu…
Ma blague douteuse ne le fais pas rire du tout et avec toute la politesse qui incombe a la situation , il me fait comprendre qu il vaudrait mieux partir avant que le soleil ne se couche … Bien qu a ce moment , l astre pour moi divin , soit a son zenith ….
Son amertume n ira pas jusqu a nous laisser partir sans nous indiquer le chemin et nous benir …Dieu puisse nous pardonner ….
Un peu fache quand meme , Dieu effacera le sentier , et cet apres midi meme , nous perdrons sa trace. Nous tournerons en rond pendant un long moment , utiliserons la force d etre 2 et des techniques de sious pour nous retrouver .
Rose voulait foncer a la melanesienne . La methode dite du “yallah” qui consiste a aller dans le tas dans la direction voulue et se frayer un chemin dans la jungle a grand coup de sabre d abatti .Ca pourrait marcher dans une zone restreinte , ici ce serait une mission suicide. Je l en persuade difficilement , lui indiquant que dans plusieurs milliers de kilometres carres de foret dense et ultra vallonnes , on pourrait passer des mois avant d arriver quelquepart …et sans vouloir paraitre presse ……ca m arrange pas
Elle se resigne a ma decision a utiliser les techniques de scouts .
De toute facon elle n argue jamais , elle est une femme ,moi un homme , j ai raison ….point !!!
Bref , on arrive quand meme a retouver un chemin qui semble tres bon et qui s averera l etre . Alors une longue penible et surtout tres glissante descente nous attend . Elle amene jusqu au lit d une large riviere . On a plus qu a la suivre jusqu a son embouchure ou devrait se trouver le village qui , nous esperons , nous accueuillera pour la nuit. On fait alors la grave erreur de nous croire arriver . Nous prenons un bain et lezardons au soleil . Seulement l embouchure est loin , tres loin .
A chaque virage de la riviere , quand nous esperons apercevoir Saoriki , nous ne voyons que l horizon vallone dans lequel se perd le serpent d eau que nous suivons peniblement . Nous devons a plusieurs reprises , en raisons des rapides , monter haut dans la berge nous frayer un chemin grotesque dans la brousse ….
C est dur il fait chaud … Rose se plie mais ne rompt pas .
Il fait nuit quand nous arrivons au village . Epuises , je ne suis meme pas capable de prononcer un mot dans aucune langue , comprendre encore moins . Rose se charge de notre introducton aupres du petit groupe assis pres d un feu que nous rejoignons . Les femmes et les filles sont occupees a tresser des fibres vegetales , pour en faire soit des nattes ,des sacs ou des paniers , m expliquera Rose .
Elle leur dit juste :
“Bonsoir nous venons de Sanmaleu a pied . Pouvons nous rester pour la nuit ? Nous repartirons demain matin “
“ streit” (pas de probleme) , nous fimes repondu sans aucun air de surprise . Instantanement , 2 bouts de chou nous apportent 2 petits tabourets et peu apres , 2 assiettes fumantes pleines d ignames nous arrivent quasiment , leur delicieuse fumee brusquement interrompue par un esclandre qui , au sein de la famlle que nous venons de deranger , eclata brutalement . …Je n y comprends rien. Rose m explique que la vieille se fache car elle considere que lon ne peut pas servir une assiette sans viande a un blanc , alors elle veut faire reouvrir le magasin pour acheter une boite de sardine ou de corned beef …
je reve de devorer un ours cru ….
“___No meat I gud
___non non pas de viande .” m ecriais-je alors , gene par le scandale provoque par ma brusque presence pataude .
L igname , j aime pas ca , j essaie d en manger a chaque fois qu on m en sert mais je n y arrive pas. Meme ce soir affame , je me fais violence pour en avaler le plus possible en vue de la recuperaton dont j ai besoin pour encaisser cette dure et belle journee , puis etre capable d enchainer demain. Tout en mangeant , j ecoute comme une radio lontaine les conversations alentours , mais le peu d attention que je suis capable de focaliser , l est sur un manege pittoresque qu offrent un chat et un petit cochon . Le felin se contorsionnant de maniere envoutante entre les jambons du roti vivant , qui se demande ce que lui veut bien cette chose grise et bizarre .
La scene drole et cocasse me fait etrangement penser a la serie “friends” , sans doute car je ressens le meme sentiment de detente et d amusement que lorsque je laissais mon esprit divague devant l ecran de tele.
Dans une cabane , une natte de pandanus dressee a notre attention a meme le sol en terre , nous atttends . Je pars m y effondrer des que mon quota d ingurgitation d igname est depasse non sans avoir baragouiner toutes les formules de politesse connues dans la langue du coin .
Bref j ai dit merci quoi .
Le temps de laisser mon dos prendre la forme des cailloux qui constituent mon matelas que je me sens sombrer dans des abysses rarement explorees . Rose m y rejoins …. apparement beaucoups moins fatiguee que moi .
Reveille en pleine forme , je fais ma distributon de petits cadeaux , fait le plein de biscuits au magasin du coin et en distribue aux gamins avant de reprendre le chemin .
Pour les prochains jours ce sera plage et sentier cotier , nous nous rejouissons a l idee de ne plus crapahuter la montagne pour quelques jours .
C est le 3 eme toujours le plus dur . Et nous sommes epuises . Tous 2 ne serions pas faches de faire aujour d hui une courte etape .
Nous marchons au plus pres de l eau , la ou le sable noir qui est en fait de la pierre volcanique desintegree est le plus dur , ce qui facilite grandement la marche .
Le rytme est tranquille et agreable , berces par le doux roulis des vagues nous progressons bien . Ce genre de randonnee est propice a la reflexion et la meditation , je laisse donc mon esprit divaguer comme bon lui semble . La journee est merveilleuse,l air est doux et sec , je savoure a pleine goulee la liberte dont nous jouissons . Rose et moi n echangeons que tres peu de parole durant les journees de marche .
Elle ne comprend pas mes questions ,y repond a cote de la plaque et n en pose aucune . Mais nous sommes bien ensemble , la simplicite de notre ephemere felicite n engendre que peu le besoin de communiquer .
Lorsque je veux m arreter un peu ,elle pose simplement son sac , s assoit sans un mot . Des fois nous echangeons une parole ou deux, mais souvent meme pas , nous regardons l immense beaute de ce que nous traversons , quand je rassemble mes affaires pour repartir ,alors elle se leve et emboite mon pas , en silence toujours . J aime le mystere qui plane sur cette symbyose improvisee , ce respect mutuel si sur , cette forte confiance innee . Rose , il ya 3 jours seulement , a debarquee si impromptement , mais j ai pourtant deja l etrange impression qu elle est un prolongement de mon esprit .
Je n en apprendrais que peu a son sujet au cours de ces jours . Ce que j appris va certainement vous choquer , me donnant l occasion d expliquer ici un pan important de la culture melanesienne
Rose est une enfant donnee .
Dans la coutume de cette culture si complexe , les terres se donnent de pere en fils , plus souvent de grand pere en petit fils et parfaois d oncle a neveu . A une terre correspond un nom que l on donne au futur destinataire de cette parcelle . C est pourquoi un garcon porte toujours le nom d un des ses aieux en vue de la succession .
Donc une famille a besoin d un nombre precis d heritier , qui doit correspondre au nombre de parcelles a leguer . Quand une famlle a trop de garcons elle peut en donner a une famille qui en manque , si une famille a beaucoups de filles elle peut aussi en donner a une famille en besoin .
Rose a ete donnee a l un des freres de son pere , qui avait besoin de filles pour tenir le magasin qu il gere.
Vous pouvez juger ca imptoyable , choquant , barbare , arriere …..whatever….
C est comme ca et parfaitement accepte dans cette societe .
J irais plus avant dans l explicaton en tentant de preciser la place ici de l enfant .
Dans nos societe occidentales l enfant a une grande valeur ,on imagine mal par exemple , des parents se remettrent de la perte d un de leur rejeton , par contre perdre un aieul , bien que difficile est quelque chose que nous sommes prepares a accepter ….
Ici , c est exactement l inverse.
Un enfant est un etre cher mais , qui n a pas d histoire , pas de connaissances , un arbre sans feuille en quelque sorte .
Un vieux fait partie du patrimoine et sa perte est celebree pendant 100 jours apres sa mort .
Un jeune enfant est considere comme un arbrisseau facile a deterrer pour mieux replanter ailleurs , ou les feuilles qu il produira sauront mieux profiter .
A 29 ans Rose etait en visite chez ses geniteurs pour la premiere fois, pourtant c est avec moi qu elle passera une bonne partie de ce temps imparti.
Elle m a suivi sur un coup de tete et na pas de telephone . Ne sait pas quand elle va rentrer.
Elle s est simplement jetee , dans une intuition inspiree , entre les lignes de la vie , qu elle sait etre les seulles a suivre .
C est beau …a nos esprits formates . Il faudrait des annees des reeducation avant de realiser une telle prouesse . Rose , elle l a fait le plus naturellement du monde .
Le bruit d un rouleau qui s eclate violemment me sort de cette reverie pour , sur cette plage ou mes pas deroulent seuls , me transportait .
Le rocher plonge a pic , pas moyen de l escalader ni de le contourner , il va donc falloir passer par la mer . Heureusement c est maree basse .
Je met mon sac dans un grand sac poubelle et en donne un a rose pour qu elle y glisse son sac plastique . A l aide de ficelle nous les lions de facon a rendre le tout etanche avant de nous lancer a l eau. D abord perpendiculaire a la plage afin de nous eloigner assez des rochers pour etre surs de ne pas nous faire fracasser contre eux ….
Ce qui serait dommage par une si belle journee . Puis on avance parallele a la cote , la gardant a une 20aine de metre tout en tirant nos sacs qui flottent derriere nous . L operation dure une 10 aine de minutes avant que nous puissions regagner la plage . Ce matin la nous devrons repeter ce manege a 2 reprises .
Midi n a pas du sonner quand nous arrivons au village de Wusi , ou nous demandons l hospitalite qui nous sera accordee sans l ombre d une hesitation. C est le medecin du village qui nous accueuillera dans sa maison.
On n arretera pas de manger de tout l apres midi . Bananes , manioque , ignames , pamplemousses , oranges . Je mange , je dors , je mange , je dors ….du repos et de la recup bien necessaire .
Entre 2 siestes , Jose nous fait visiter son dispensaire, qu il est seul a gerer pour une populaton d environ 1000 ames repartie sur une grande zone geographique . Son dispensaire : 4 murs en briques ,un stetoscopes et quelques boites de medicaments…..
En discutant avec lui , je m apercois de la legerete des etudes qu il a faites et me met a douter de ses capacites de medecin telles que je les concois .
De toute facon , ici les gens sont plus enclins a pratiquer la medecine traditionnelle coutumiere , a base de feuilles , de plantes , de cataplasmes et d incantations.
Tous ces petits villages ont en leur centre un terrain de foot et de volley , ou tous les soirs , une fois les travaux du champs termines , les enfants , les hommes et certaines jeunes filles se retrouvent pour quelques heures de jeu. Ce sont des moments magiques dans la vie des villages . Des moments ou le cote tribale familiale est intensement palpable. Tous ces gens ne forment alors qu une meute unie. Les enfants courent , sautent, rient ; les garcons jouent au foot , les filles au volley. Il parait que personne ne joue pour gagner , la simplicite de l amusement a son etat le plus pur , pas de competition , que des gagnants ,que des forts ……
Depuis quand avons nous perdu cette purete fondamentale??
Ces images de dizaines de gens vivant un moment de bonheur collectif intense , dans lequel Rose et moi sommes naturellement convies , avec en toile de fond un soleil plongeant a pic dans l ocean pacifique que dominent ces montagnes de jungles , les maisonnettes de pailles ponctuant ce tableau indefinissable , procurent un bien etre si clair , que l on sent concretement vibrer l aura de simpilcite de cette vie heureuse .
Le soir Jose nous offre du poisson pour diner .La nuit venue je devrais partager sa chambre , Rose celle de sa fille .
Des le lendemain rebelotte , on charge les mules que nous sommes devenues et en piste pour de nouvelles courbatures ….
Etape semblabe a la veille : longue marche meditative sur sable noir , franchissement de falaise et baignade . Lors d une pause , je m assoupis pour me reveiller trouvant Rose jouant sagement aux osselets avec quelques cailloux ramasses , attendant le moment ou je voudrais bien me reveiller.
Sans bouger , je la regarde un long moment pensif en silence , rempli d emotion ; elle ne s est pas apercue que j etais reveille , trop concentree a son jeu auquel elle est d une adresse exceptionelle.
Tout a coup, je suis a genou , saisit les cailloux en forme de bijoux et me mit a faire joujou ….
“___comme c est chouette!!! “ , s ecrait Maitre hibou.

Je ne sais combien de temps nous restons , sur cette plage aux airs de paradis , la a nous lancer des defis , la dans ce silence infini.
Arrives le soir a Elia , s en suit le meme rituel que les jours precedents , sauf qu a l ecoute de notre projet , on nous conseille fortement de partir avec quelqun pour l etape du lendemain qui , nous dit on , est d orientation difficile . On nous presente Marc , qui se propose de nous accompagner
J accepte avec plaisir . En effet le lendemain nous devons traverser une petite chaine de montagne qu nous conduira de l autre cote de la peninsule et l itineraire s avere etre delicat .
Aujour d hui c est dimanche interdiction de travailler et meme ….de s amuser ( je ne sais pourquoi l homme n a de cesse de trouver de quoi faire des taches sur toute chose immaculee)
Nos hotes insistent pour que nous partcipions au grand petit dejeuner . Nous acceptons avec plaisir le festin de crackers et de cafe instantane….

Marc n a pas ete choisi par hasard , c est un adventiste du 7 eme jour…ce qui veut dire que pour lui son Dimanche c est samedi , aujour d hui son lundi , c est pourquoi il peut etre notre accompagnateur….
L etape d aujour d hui est particulierement rude , et puis Rose n a pas l air d avoir envie , je devrais me faire autoritaire pour la faire avancer , lui expliquant maintes fois que nous devons vraiment aller d un bon pas si on ne veut pas avoir a dormir dans la jungle humide .
Heureusement il ne fait pas trop chaud et les moustiques semblent avoir d autre sang a sucer….Ce qui rend la rude acenscion un peu moins penible qu il ne devrait . Cependant il nous faudra de longues heures epuisantes pour franchir ce calvaire glissant .
Meme s il n a pas plus depuis des semaines , l air ambiant est moite , les feuilles des arbres mouillees et le sol detrempe .
Mes 2 acolytes sont en claquettes et moi je porte des crocs en plastique …mais je me promet qu a la prochaine riviere je laverais mes pieds boueux pour enfiler chausettes et chaussures de trails beaucoups plus adaptees a la situation. Pour offrir plus de prise a nos corps qui derapent sans cesse , nous rampons litteralement sur la pente . Je me suis meme surpris a tenter d attraper une racine avec les dents alors que mes ongles et pieds plantes ne suffisaient pas retenir une glissade …l ambiance n est pas a la fete…mais c est souvent le cas lors de rudes ascenscions .
Au sommet de nos efforts nous ne sommes pas au bout de nos peine.En effet , la descente sera d une technicite qui ne nous laissera que peu de repos .
Nous progresserons ainsi toute la journee , ne prenant que de rares et courtes pauses , juste le temps d avaler un fruit ou un bscuit . Nous buvons l eau a meme les rus et rivieres que nous traversons.
Partis au matin nous n arriverons que la nuit tombante a notre prochane etape .
Alors que nous debarquons a l improviste dans l obscurite naissante , nos hotes de ce soir ne semblent en aucun surpris de notre venue.
Georges , sa femme , leur 2 enfants et la grand- mere courbee vivent ici….
Tous les 5 , a 3 heures de rude marche de la prochaine maison , ici au milieu du bush .
Georges a 23 ans , a cause de dispute tribale ou clanique , sa famille et lui ont du s exiler au milieu de leur terre qu ils exploitent pour subvenir a leur besoin.
Ils cultivent taros , igname , manioque , cacao et elevent un peu de betail
Qu on ne se meprenne , pas il ne s agit pas d une grande exploitation mais d une production vivriere , ou l excedent est vendu pour acheter ce que la terre ne peut produire . Tous les villlages precedement visites fonctionnent ainsi , en quasi autharcie…
Les sources de revenus sont le coprah , le cacao les agrumes , la vanille , le betail , les tubercules. Une partie est vendue , mais la majorite est consommee et/ou transformee pour fabriquer l essentiel des choses : les maisons ,les paniers , les sacs .
Les vetements en coton ont remplace depuis peu ceux en materiaux locaux .
Les villages n ont pas l electricite , si ce n est les quelques panneaux solaires qui alimentent une ou 2 ampoules par foyer . Un groupe electrogene par village sert au travaux ou a des besoins particuliers . Les villages cotiers possedent un bateau a moteur et plusieurs pirogues servant a la peche et au transport intervillage .
Pas de reseau telephonique , pas de television , de rares foyers possedent une radio d ou emanent les seulles nouvelles du monde exterieur.
Le systeme est simple et efficace .
Quand on a besoin d argent on cueille des fruits , peche du poisson , recolte du cacao et du coprah …on organise un voyage en bateau jusqu a un village d ou part une route .
De la on organise un transport jusqu a Luganville ou on va vendre le tout au marche. Avec l argent recotle on achete les choses convoites . Ciment , savon , piles , materiel de peche , vetements huiles , riz , farine ….et on fait le trajet inverse . Certains font cette demarche assez souvent , d autres presque jamais …
Pour georges et sa femme c est pareil a 2 differences pres:
1)la mer est a 3 heures de marche ( je vous laisse imaginer )
2)y a du reseau telephonique ..et georges a meme internet sur son smartphone.

Georges a tuer un cochon sauvage qui rodait dans l apres midi
De par sa religion il ne mange pas de porc et d habitude il donne la viande aux chiens , mais cette fois il en decoupe une cuisse que sa femme fera bouillir pour nous au feu de bois , servi avec des bananes cuites au lait de coco . Nous nous repaitrons grassement du meilleur repas du vanuatu du monde de notre vie…
Le lendemain sera notre derniere etape de bush….
Marc repart d ou nous sommes venus la veille je le remercie avec 1000 vatu(10 euros).
La journee s annonce douce et paisible , si ce n est que nous devrons passer l endroit que je redoute le plus de l itineraire…. On va devoir traverser une large riviere a la nage …..
Juste avant ce passage critique nous passons un dernier petit village ou nous nous arretons discuter avec des vieilles . Elle nous invite a nous asseoir , a peine l ordre execute que 2 assiettes de poisson et de riz arrivent sur nos genoux….
il n y a que des vieilles , a l exception de Navina qui est une toute jeune demoiselle , qui du temps ou nous serons la devra courir couvrir toutes les taches demandees .
___Navina apporte des assiettes
___Navina va faire la vaisselle
___Navina va chercher ci , fais ca .
Je crois alors comprendre que nous assistons au debut de son initiaton de “femme”
Ici des qu une fille est capable de porter une assiette , elle perd sa liberte de jeune fillette et devient apprentie femme au foyer…et toutes les taches lui imcombent l oeil critique de ses maitresses ne connait pas la tolerance .
Encore une fois c est dur mas nous ne pouvons remettre en question les fondations d une societe ancestrale…..Ce sera aux femmes , elles memes de se liberer comme elle l ont fait dans beaucoups d autres endroits de la planete .
Aussitot repus , aussitot debout.
Arrives sur les berges de la riviere au niveau de son embouchure , nous decidons de remonter de quelques centaines de metres afin de traverser a un endroit plus etroit et mettre de de la distance entre nous et les requins qui grouillent dans le coin.
L endroit est fameux pour les requins blancs , tigres et bulldog qui ont besoin d eau douce pour elever leur jeune progeniture .
C est ce qu on appelle une nurserie a requin .
Comme pour les passage de falaises sur les plages , nous mettons nos cabas dans de grands sacs poubelles et nous jetons a l eau . Mais nous pouvons quasiment traverser la riviere en marchant . Seul quelques metres de nage seront necessaires . Ce qui me soulage grandement , etant donne que la technique de nage que je pratique le mieux est celle bien connue du “parpaing” , qu s avere etre peu efficace .
Peu apres nous arrivons au village de Matantas d ou arrive la route ….
Notre expediton , apres 7 jours de marche touche alors a sa fin. Le soir je nous offre une nuit et un diner dans un petit gite touristique .
Je demande a Rose quels sont alors ces projets. J avoue a ce moment etre inquiet de savoir si elle compte continuer avec moi , ce qui ne serait pas possible.
Mas sa reponse me soulage quand elle me dit qu elle a une soeur qui habite pas tres loin , sur notre route du lendemain.
En milieu de matinee nous prenons la piste a pied attendant qu un vehicule ne nous rattrape .Quand ce fut fait , nous sautames dans la benne .
Nous regardons paisiblement les paysages defiles quand tout a coup Rose cria l ordre au chauffeur de s arreter. Elle sauta de la benne en me disant que c est ici qu elle descend…..
“Au revoir” me dit elle simplement en tapant son poing contre le mien .
Un peu abasourdi par cette scene , je ne trouve rien a faire , rien a dire …
La voiture redemarre laissant Rose et son sac plastique me saluer une derniere fois de la main .
Salut que je n ai pas la raison d esprit de renvoyer .
Au revoir murmurais-je pour les autes passagers ,
qui etonnes de la situation , n osent rien ajouter a la pesanteur de mes emotions .
Adieu Rose ….

En avant la Musique !!!

Samedi 21 Juin , Il y a deja plusieurs heures que s est achevee la fete de la musique organisee par l Alliance Francaise .Ayant reuni quelques dizaines de milliers de fetards dans les rues de la capitale , elle laisse en cette matinee une atmosphere d un calme desastreux.Les rues sont vides et silencieuses . Seuls quelques minibus errent a la recherche de clients potentiels .On pourrait de nouveau croire a un lendemain de cyclone qui aurait emporte toute forme de vie . Plus que jamais , pourtant , de tout mon etre ,c est au rytme de la musique que je danse . Celle-ci m embarque vers des univers que ni mon corps ni mon esprit ne sont capables d imaginer , des contrees , par moi , encore inexplorees . Debout , bien qu immobile , je me dois de suivre au mieux les mouvements qu elle m impose afin de rester en harmonie avec elle , sinon cette danse tourmentee pourrait bientot tourner au calvaire . Alors ce sont les yeux grand ouverts que je tente de realiser ou je me trouve vraiment et ce qu il est en train de se passer . Dans le cockpit Eric , Edison et Georges sont a mes cotes , je suis a la barre de “Musique “ , un superbe voilier de 21 metres . Nous venons de quitter Port vila et faisons route vers le sud . Sur le pont comme a l interieur , 7 tonnes de pamplemousse , tarot , coco etc , et puis des tas de carton , de sacs de farine , du sucre , du riz , …..et 2 cuvettes de toilettes ….. Eric , le capitaine proprietaire , a le regard rive droit devant et me crie ses instructions . Avant de sortir de la baie qui nous protege et prendre pour de bon le large , il nous faudra hisser la grand voile . Pour ce faire , je devrais placer le nez de Musique , face au vent pendant qu Edison et Georges manipulerons les bouts , les winch , les bidules et les machins . Que les marins confirmes qui liront ce papier noirci de mes inepties , me pardonnent en admetant la legerete de mon experience dans ce mileiu qui s est dailleurs principalement faite en Anglais jusqu a lors … Ici , sur Musique , nous parlons 3 langues …. L Anglais , le Francais et le Bislama…..qui sont les 3 idiomes officiel du pays . Edison ,Georges et moi n en parlont que 2 d entre elles . Anglais et Bislamah pour Edison , Francais et Bislama pour Georges , Francais et Anglais me concernant . Ce qui ,au grand desepoir d Eric ,lui qui maitrise les 3, complique pas mal la tache , surtout lors des manoeuvres qui doivent etre rapidement et precisement effectuees . Ici on parle de corde et de rope , de gauche et droite , right or left pas de place pour un langage specifique qui ne serait pas compris ….Comme excellent marin qu il est , ca doit lui faite mal au capitaine ..mais bon “ca va , y a pire “ J ai rencontre Eric grace a un ami commun rencontre a Lifou , que je salue au passage , si il venait a passert par la . Eric est d origine Suisse , mais il sympa quand meme . Musique et lui ont navigue des annees durant avec femmes et enfant . Ah non je me trompe de “s” .Apparemment il y avait sa femme et ses 4 enfants , pas l inverse (faudra que je verifie ). Bref, apres quelques annees a faire du charter de touriste a travers le Vanuatu un certains hasard l a conduit vers le transport de marchandises . C est une veritable aventure retropionniere dans laquelle je me retrouve embarque . Celle du voilier cargo ….mythique , futuriste , evolutioniste artsitisque meme …..et tout ca en musique !!! Vous avez sans doute entendu parler de “pam “ ce cyclone de force 5++ qui a balaye une partie des archipels du sud pacifique , dont le vanuatu qui a particulierement morfle . Musique etait amaree ,dans la baie de Port Vila , a l instar d une 40aine de ses freres et soeurs ….au lendemain du cyclone seul 6 membres de cette amiraute , etait toujours amares a leur mouillage. Dont Musique…. Les autres soit coules soit dissemines sur les plages et/ou recifs avoisinants . Malgre quelques degats facilement reparables pour un polytechnicien autodidacte tel qu Eric , elle est intacte et prete a bondir Le pays est en etat de choc , la plupart des voies de communications aeriennes , satellites , maritimes sont hors d usage . Une aide internationale se met relativement rapidement en place , et comme tout aide est bonne a prendre . Musique se propose pour convoyer toutes sortes de produits vers les endroits necessiteux , dans la mesure des capacites que son humble condition de voilier de plaisance lui autorise . Mais des le premier voyage , elle montre qu elle n est pas a sous estimee , et qu elle peut trimbaler par mer agitee, par temps complique ses 10 tonnes de denrees sans etre intimidee … En avant la Musique ….. Plusieurs expeditions sont lancees apportant une aide precieuse aux endroits les plus dissemines . J embarque au coeur de l une d elle . Je saute a bord lors d une de ses escales a Port Vila . Elle arrive de Santo Espiritu chargee d aide alimentaire et de fret prive , direction Erromango et Tana . Une navigation de pres de 18 heures sera necessaire pour rejoindre notre premiere escale ou nous jeterons l ancre en pleine nuit . Dimanche 22 , 7h A peine quelques heures de sommeil , et des hommes montent a bord alors que nous sommes tous endormis . Ce sont des gens du village , venu nous accoster pour proceder au dechargement ,que nous avions prevu d effectuer apres la messe . Mais a peine quelques minutes apres cette incursion matinale , 2 speed boat sont amares de chaque cote et plusieurs hommes et enfants se passent les sacs et les cartons …. En a peine 1 heure de confusion , d elucubration vocales et gestuelles auxquelles je comprend peau de balle et ou je ne trouve rien de mieux a faire que de prendre des photos . Le pont se vide soudain de ces energumenes qui emportent avec eux les quelques tonnes de notre chargement qui leur etait destine . Une 10 aine d heure de navigation sera necessaire pour atteindre notre prochain etape ….Port Resolution a Tana . Captain Eric decide alors que nous partirons vers 18h , nous faisant arriver avant le lever du soleil et esperant un dechargement tout aussi matinal . On passe alors la journee a bord ,se reposant , lisant , mangeant en attendant de larguer les amarres . On s offrira meme un petit tour sur la berge pour agreablement aller constater qu ici la vie a plutot bien repris . Les maisons sont de nouveau debout arborant fierement les toles neuves qui en constituent le toit . Lundi 24 Juin . Le vent un peu faiblard , nous fera arriver un peu en retard . Il fait deja jour , quand notre si fier pavillon se mit a frimer sous les regards des dizaines de gens , qui s agglutinaient en haut de la falaise qui contemple cette baie fabuleuse , dont les eaux souffrees chaudes et fumantes en dessinent par endroit le contour . Le volcan Yasur , fleuron du tourisme de cette region en est le responsable .De la ou nous trouvons , 5 heures de marche suffisent pour atteindre son cratere et pouvoir plonger son regard droit sur la lave qu il contient …. Il s agit du volcan en activite le plus accesible du monde. Mais ca ne sera pas au programme d aujourd hui . Contrairement a notre derniere etape , personne n a l air trop enclin a venir a notre rencontre . Puis il y a ce mec et sa pirogue en bois , un Vaa qui vient nous retrouver a bord . On pourrait effectivement le lester de quelques sacs a chaque voyage , mais nous avons 6 tonnes de matos a decharger ici ….ca prendrait des plombes . Alors on va decharger avec l annexe , en utilisant le winch de la grand voile comme treuil . Quelques indigenes montent a bord apportant leur aide et leur sourire . Le dechargement et le nettoyage du pont prendront presque toute la journee. Et lorsque qu extenues , Eric et moi , finissons enfin ce dur labeur et decidons d aller rejoindre le reste de l equipage sur la rive et se detendre un peu….une pluie horizontale s abat sur la baie , nous clouant sur place remettant notre depart au lendemain matin . Cette nuit on va dormir calmement et s offrir le lendemain une superbe navigation . Mardi 24 Juin , Soleil , vent 3/4 arriere , la houle bien que genereuse sera lente et sereine. (Je reitere mes excuses aux puristes de la discipline qui auraient certainement utilises des termes jargoniques plus pointus ). Il fait nuit quand nous arrivons a Port Darvin , mais Georges et Edison , sont comme des dingues . Ils deploient une telle energie , (c est sur ils ont bouffe de l uranium) , pour le dechargement , qu il sera effectue en un temps record .Laissant Eric et moi un peu surpris par ce zele aussi soudain qu excessif . Mais nous ne sommes pas dupes , ils ont tout 2 envie de debarquer pour aller boire quelques selles de kava . Devant l heure tardive et la reticence d Eric a ce propos. Une autre solution sera trouvee. Un type monte a bord , charge de quelques branches de Kava qui sont en fait des racines de faux poivriers . Alors que le dechargement se termine . Remi , a accepter de macher le Kava pour nos 2 acolytes . Installe a l arriere du navire ,il commence son ouvrage qui consiste a macher les racines suscites, afin de les reduire en une sorte de bouillie qu il s applique a recracher dans un recipient . Ca lui prend une bonne heure pour macher la quantite apportee . Une fois les racines machees et le dechargement termine , .Il est temps de mettre la puree obtenue dans un linge , d y ajouter un peu d eau et de presser. Le jus verdatre qui en coule ……. c est du Kava. Le temps d en remplir 4 petits bols , et de lever notre sel …que voila notre chere musique qui joue une nouvelle partition tout aussi insolite …..elle est maintenant un Nakamal . Ca me donne l envie de stopper l action un instant , et d ouvrir une parenthese . Pour Eric , ce bateau , c est sa maison de famille . Il est facile d imaginer qu il y a peu , ici ou ailleurs , des gosses ont du jouer au loup , des anniversaires , des noel ont du etre celebres , des engueulades avoir lieu , des punitions executees , des lecons apprises …..une vie de famille quoi ….Imagineriez vous votre salon ou celui de votre grand mere , ou tout ceci s est passe , se transformer en cale de cargo , avec toutes sortes de gens y penetrant sans faire attention a ces petites choses sans importance pour le monde mais symbole d un evenement passe , un dessin au mur , un livre dans la bibliotheque , des photos placardees , le linge dans les armoires , les vieux stylo dans les tiroirs…. Puis l odeur familiere ,pour ne pas dire familiale , ravagee par celle plus forte de pamplempousses pourris …. Et maintenant un…… Nakamal ….. Sans oser l aborder avec son principal interesse , cette question posee fait naitre en moi du grand respect . Quelle belle journee !!! Demain , nous demarerons au lever du soleil…..direction une petite baie toute proche pour charger 7 tonnes de bois . Mercredi 15 Juin Si l entree dans la baie et la manoeuvre seront effectuee sans encombre malgre l etroitesse de son antre , cernee par les patates de corail , Musique n a pas le droit de bouger d un metre . Solidement ancree et amarree sur la falaise elle tient sa position autant que faire se peut . Mais pas fastoche ….puis le chargement cense se faire rapidement durera toute la journee en raison d une mauvaise organisation de la part des chargeurs ….. Il s achevera juste avant la tombee de la nuit , et nous devrons alors rapidement decampes , car sortir d ici de nuit serait impossible et y dormir encore moins . Alors nous reprenons la mer gaiement , Demain matin nous serons de retour a Port Vila , signant la fin de ce voyage et nous offarnt a tous quelques jours de repos…. Seulement , a ce moment nous n avions pas idee de la nuit difficile dans laquelle nous nous jetions . . Les premieres heures de navigations se deroulent a merveille . Nous mangeons tranquillement malgre une houle assez forte , le pilote automatique fait bien son travail .Le repas avale , epuise , je me propose courageusement pour aller me coucher le premier … Je somnole plutot que je ne dors ….Quand tout a coup un grand bruit me sort instantanement de ma demi conscience , je file sur le pont . Georges et Eric sont la . Leur visage n expriment en rien la serenite. D abord j apprend que le pilote ne fonctionne plus , et que le Genois ( la voile de devant) a des problemes ….Sans genois , charges comme nous le sommes , avec une mer de travers bien enervee et un vent a 25 noeud , c est simple , on peut pas se diriger .—David attrape ca , me lance Eric en me designant la barre tout en foncant a l interieur . —et garde le cap , surtout n empane pas …. Garder le cap ok , ne pas empaner ….ok Mais c est quoi le cap?? , on voit rien ….on ne distingue meme pas le nez du bateau …. Barrer un bateau a moteur de jour et un voilier de nuit avec des vents violents ….c est pas la meme histoire ….j ai tellement peur de faire une connerie dont je suis incapble de mesurer les consequences , que je me concentre sur ma barre et ma boussole , tout mon corps tremble , et pourtant j ai pas froid ….. Georges et Eric filent a l avant pour reinstaller le genois . C est bien sur a ce moment que la “tempete”atteint son apogee , pluie vent fort , la houle nous embarque et nous jette violemment creant des puissants mouvement de roulis , je me dis qu on va tous finir a la baille . Bien sur les voileux qui liront ces lignes auront le sourire de l alpiniste a qui quelqu un raconterait la peur de sa vie alors qu il descendait un muret en rappel . Mais , pour sur , cette nuit la , j aurais echanger ma place pour n importe quoi sans me faire prier . La lutte sans pilote , quasi sans genois et d autres bricoles …durera 8 heures …. Sur le moment un calvaire , apres coup un enseignement intensif . Jeudi 26 juin L arrivee dans la baie de Port Vila est un moment que je deguste a la barre .La mer calmee , le vent disparu , les voiles abattues , je decompresse et savoure la victoire de cette mission accomplie . Bien que conscient que mon role dans cette epopee ait ete d un nul absolu , je ne peus m empecher de ressentir une certaine fierte quand a mon integration au sein de cette aventure aussi epique qu originale . Et donc , c est confirme , je serais de nouveau equipier pour les prochains voyages . Depart , bientot pour le nord cette fois …..