Christchurch !

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Choses promises, choses dues, je vous ai dit que je vous donnerais des nouvelles de Jésus… Eh bien c’est en direct de ChristChurch en Nouvelle-Zélande que je vous écris. Oui oui, depuis l’Église du Christ, del grande Jésus soi même… Alors si je le trouve par là, je jure d’arrêter les recherches. Pour ceux qui se demandent pourquoi je me mets à le chercher partout, eh bien je les renverrai au chapitre précédent afin que eux aussi puissent trouver la lumière. (souvent à gauche en entrant).

Bref c’est sans rire que je me trouve dans la 2ème ville de Nouvelle-Zélande. Comme à mon habitude, c’est aveugle que j’ai débarqué dans ce pays. Par aveugle j’entends que je ne connaissais absolument rien à son propos, de fait mon choix de première destination a été dicté par la rencontre d’un Français à Sydney, qui m’a dit:

“Si tu aimes la montagne, c’est à Christchurch qu’il faut que tu ailles”

Alors là je suis…..

Après les quelques jours de débauche végétale que je vous racontais l’épisode précédent, me voici débarqué ce jeudi 9 Janvier à 7h du matin dans cette ville pour le moins étrange, après un check-in et un passage aux douanes tumultueux (que je vous raconterais à l’occasion d’un post ultérieur).

Saisi par le froid et le silence qui règnent en maîtres, perturbé par la nuit blanche passée et étourdi par la nouvelle route qui s’ouvre devant moi, j’arrive néanmoins à me frayer un chemin jusqu’à l’hôtel où j’ai réservé pour les 2 prochaines nuits. J’y dépose mon sac et pars sans attendre à la découverte de la ville.

J’atteins la place centrale, le cœur de la ville, il est environ 10h, et il n’y a pas un chat, j’aperçois 3 autres touristes épars, nos regards viennent à se croiser, il me semble que tous, comme moi, sont surpris et étonnés par ce calme, tous prenons bêtement des photos de la ruine qui se dresse devant nous, qui jusqu’au 4 septembre 2010 fut une cathédrale (du christ). Autour de la place des barricades, des cordons d’interdiction de passage, des gravats, des immeubles évacués… à quelques rues se dresse “Re start”, ici plus de buildings, plus de maisons mais un quartier entièrement fait de containers… des cafés, des magasins, des musées, des banques et même une scène de concert en container de fret….

Je m’y sens seul et perdu même si au hasard des corners, je croise des gens capuchonnés avec en bandoulière les témoins de ces scènes surréalistes. C’est le vent glacial et puissant qui guide ma visite, pas question de lui tenir tête, et c’est vers le sublime parc botanique qu’il m’amène. Ce parc plus grand que la ville elle même, en plus d’être d’une beauté saisissante, est pour ses habitants le refuge contre les agressions de la nature.

A l’instar du Japon, la nouvelle-Zélande est une victime régulière de tremblements de terre et Christchurch malgré sa protection divine supposée, est le jouet favori des caprices de notre mère à tous .

Cela fait environ 200 ans que l’homme est capable d’enregistrer et mesurer ces phénomènes et depuis lors il s’avère que la cité subit 2 grosses secousses tous les 10 ans.

De génération en génération, les habitants ont appris à vivre et ces secousses ne les affectaient pas davantage.

Depuis le 22 février 2011, les choses ont changé…

Mais tout à en fait commencé ce 4 septembre 2010, quand à 4h35 du matin, alors que tout le monde dormait, la terre trembla pendant 40 très très longues secondes. Cette fois pas de victimes mais des dégâts importants et la fragilisation de nombreux édifices, notamment les plus anciens. Dès le lendemain, les habitants et les autorités se lancent alors dans de grands chantiers de consolidation et de reconstructions, la ville et les citoyens s’endettent. Les assurances payent les dégâts mais refusent d’assurer de nouveau.

Les échafaudages sont encore dressés, la peinture à peine sèche, des toits encore bâchés, des gens du monde entier viennent d’emménager ici profitant du dynamisme lié à cette effervescence, l’université et les écoles sont bondées. La ville compte 400 000 habitants.

Nous sommes le 22 février 2011, c’est l’été, il est 12h51, c’est la pause déjeuner…… 24 secondes suffiront à transformer le colosse qui se relevait en une ruine fumante…. et découragée.

185 morts de 20 nationalités différentes. Mais le choc est aussi vif que la réaction nationale et internationale, en quelques heures de nombreuses équipes sont sur place et sortent des centaines de personnes des décombres.

Mais cette fois le traumatisme est énorme, beaucoup de ceux qui le peuvent ou qui n’ont pas beaucoup d’attache à ce bâton de dynamite prennent la fuite.

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La ville et ses habitants n’ont ni l’énergie ni les moyens de reconstruire…. et 3 ans plus tard, la blessure est encore à vif.

Bien sûr, des initiatives locales et des plans internationaux ont été mis en place, ce qui a permis la sécurisation des zones dangereuses, le démantèlement des immeubles en ruines mais aussi un nouvel élan culturel et artistique.

En offrant ses murs et ses pavés aux artistes de rues et au skaters, la ville a trouvé un moyen peu onéreux de redonner vie et couleurs à son centre ville déserté de ses habitants.

Le vendredi, un marché suffira à bonder les rues que plus personne ne fréquentent, des musées d’art de rue improvisés parsemés de ci de là, redonnent le sourire au touriste ému, qui vient de passer vers le mémorial des 185 chaises, une fresque de Bansky à quelques pas de la nouvelle cathédrale en carton domine le stade flambant neuf construit pour la coupe du monde de rugby de septembre 2011, et qui n’a malheureusement jamais servi, des petits stickers aux grandes banderoles incitant les gens à sourire, à positiver ou à relativiser, le “dance o mat“ qui a pour but de remplacer les gymnases et salles de spectacles. Le concept est génial: vous insérez une pièce de 2 dollars, vous branchez votre mp3 et c’est parti pour 2 heures de musique à fond les ballons sur un terrain vague libéré par un building, un lounge bibliothèque en plein air dans le jardin d’une maison abandonnée, un parcours de mini golf vous fera sillonner de jardin en jardin les quartiers résidentiels désertés, un pavillon/food court fait de palettes et de casiers a légumes, des panneaux vous criant “please stay here”, la rue ‘new regent” longue de 50 mètres et qui recrée un centre ville artificiel et peinturlure genre Disneyland, le tout dans un dédale de rues faites de grillage et de barrières de protection entourant soit des bâtiments qui attendent leur démolition soit d’immenses zones vides et lugubres. Si vous croisez quelqu’un ici, pour sûr, il n’est pas du coin. Les locaux fuient le centre ville et y viennent et aussi peu que possible, si vous voulez les rencontrer, alors vous devrez aller dans l’un des immenses centres commerciaux qui a jailli en périphérie.

Bien sûr la comparaison est difficile, de par les raisons et conséquences qui différent, mais je dois avouer que certains endroits n’étaient pas sans me rappeler la grande sinistre américaine: Detroit.

Alors non, toujours pas de trace de Jésus, en tous cas pas de celui dont on m’a parlé, si bon et qui peut tout, et comme beaucoup par ici, je me pose des questions.

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