Shepparton , la fin du calvaire

Il me suffit donc maintenant d’ attendre tranquillement jusqu’ à mardi, quand Capucine, Matthieu, Kevin et moi devrons prendre la route rejoindre Romain puis filer a Mildura pour commencer le boulot dans la foulée.
En attendant je m’essaye à un boulot que je n’avais jamais expérimenté jusqu’ à ce jour :
La vente au porte à porte…
Je me suis donc retrouvé à trimballer des postiches de daubes mal peintes à travers les quartiers de la classe moyenne supérieure, en me faisant passer pour un artiste vagabond cherchant à financer son voyage,  (ce qui en soit, n’ est pas un si gros mensonge)
L’ alléchante commission ne me permettra pas de trouver les ressources nécessaires, ni de vaincre ma timidité pour arnaquer la volaille. Je sonnerai, frapperai aux portes, mais pour soit, parler horticulture, demander du feu ou bien encore ma route…. Mes tableaux ?? ah oui je…. je … ben je déménage en fait….
Un Fiasco… mais je me suis bien marré et j’ en rigole encore en écrivant ces lignes…
Bref, à part ça, le week- end s’ écoule tranquillement sous le soleil Victorien.

Et paf  !! C’ est mardi !!!

Le programme est simple et agréable :
Romain habite dans une ferme à 150 kms à l’ est de Melbourne ,on doit donc aller la bas,  un barbecue nous y attend pour célébrer nos rencontres, on y passe la nuit  et demain… road trip de 800 kms à travers le bush .
On s’est tous donné rendez vous à 7h du mat .
On a décidé d’ y aller tous en stop….
Capucine se désistera au dernier moment , prétextant qu’ il fait trop chaud. Je ragerai un peu après elle,  mais ce qui se passera ensuite nous montrera qu’ elle avait eu du nez, de plus depuis Melbourne, elle aura à jouer un rôle déterminant dans les jours suivants.
Donc nous voila tous 3 partis, nous savons que sortir de Melbourne sera très compliqué et qu’ il nous faudra marcher plusieurs kilomètres sous la chaleur grandissante de cette journée caniculaire,
Mais le moral est bon… jusqu’ à midi…..
Heure à laquelle  nous avons enfin trouvé un spot dégagé pour faire du stop.
Mon téléphone sonne, c’ est Romain ! … Il m’annonce froidement qu’ il a trouvé un autre job, qu’ il ne veut plus bouger….
Donc on a plus de bagnole, élément essentiel pour le boulot qu’ on a trouvé…
Il est midi, il fait 40 degrés ,on est crevés… et là vraiment on s’ énerve….
On est plantés là, dans un décor de banlieue sordide avec plus nulle part où aller…
Après 1h ou 2 de tergiversations, mes acolytes décident de rebrousser chemin, de retourner à Melbourne et de reprendre les recherches via internet..
Pour moi, l’écœurement  est trop grand , je ne peux pas concevoir de faire demi-tour.
On se sépare ici…… adieu !

Pour contenir ma déception  je reprends la marche au hasard des rues.
Et là , le fait d’ être seul joue en ma faveur, les gens m’ accostent pour discuter, m’ encouragent et m’ orientent.
Exactement ce dont j’ avais besoin de savoir !!
Depuis mon arrivée en Australie, il y une semaine, j’ ai tout pris en main, tout contrôlé .Ça n’ a pas marché, je décide alors de m’ en remettre complétement à la destinée et à la providence.

“Quand le vent est trop fort pour aller face a lui, il faut alors changer de direction et manœuvrer en utilisant sa force “

D un seul coup j’ ai le cœur léger,  je suis confiant et surtout je me fous de ce qui va arriver.
Tout va bien se passer, j’ en suis sûr.
Et alors je marche droit devant, musique dans les oreilles… ça va ou ??… j’ en sais rien,  je m’ en fous.
Tout à coup … Une gare….
Je me renseigne, la ligne va directement dans la vallée de Yara, une région viticole et montagneuse, ça me semble parfait…
Le ticket coûte 12 dollars… facile et rapide.. .Mais le stop sera d’ une part moins cher, et d’ autre part l’ occasion de rencontrer les gens qui habitent cette région et donc d’ avoir un max d’ infos.
En sortant de la gare,  je tombe sur un couple,  la soixantaine bien passée, reconnaissant que je suis français, ils me parlent de leur histoire sur le GR 10 … Je leur raconte alors brièvement mon expérience australienne, désolés, ils me proposeront d’acheter mon billet,  je refuse, mais,  à ce moment,  j’ ai envie de les prendre tous les 2 dans  mes bras,  pour les remercier, non seulement de leur offre,  mais aussi pour le symbole que cette rencontre représente.
Je suis sur la bonne voie, maintenant c’est sûr !!!
Nous échangeons alors un de ces regards profonds, de ceux qui valent des centaines de mots.
En me serrant la main, ils m’ indiquent la route à suivre et des yeux ils l’ empruntent avec moi..
Cette rencontre, aussi brève fut- elle, sera inoubliable.
16h, me voici sur la route pour Yara,  j’ y plante le pouce avec Bonobo dans les oreilles.
16h07…. la première voiture s’ arrête.
Et c’est parti, de voiture en voiture, j arriverai vers 19 h a Lilydale au cœur de la vallée de Yara.
Bob,  mon dernier chauffeur, a une fille, elle travaille au marche des producteurs locaux. Elle connait beaucoup d’ entre eux. Un simple coup de fil , et mon chauffeur m’ emmène visiter une ferme… Ils n’ ont besoin de personne et la saison est finie dans le coin, ils me conseillent d’ aller à Shepparton,  le boom des poires va éclater bientôt.
Après m’avoir fait visiter  le coin, montré  des kangourous, indiqué la route à suivre,  Bob me dépose à cote d’ un lac où je peux faire du feu et camper….
Je suis, c’est sûr, sur la bonne voie.
Ces gens sont extras, et plus j’ irai à leur rencontre plus j’ avancerai.
Et donc, le lendemain, c’ est reparti à travers le bush désertique, de camion en voiturette, j’ arriverai à Shepparton en début d’ après midi.
Il fait une chaleur mortelle, la ville inhospitalière au premier abord n’ est qu’ une bourgade poussiéreuse au cœur de milliers d’ hectares de surface agricole, bienvenue dans le Berry austral…
Sauf qu’ ici,  pas question de bonne bouffe, de bon vin ni de terrasses de café.
Seulement kebab, mac Do et KFC…
Lorsque j’ arrive en ville, abruti par la chaleur, je ne sais pas quoi faire…
Après avoir demande à plusieurs locaux,  ils m’ indiquent un “back packer”, hôtel pas cher pour “routards voyageurs”. Seulement, j’en ai entendu parler des ces endroits bondés dans les campagnes australiennes. Ils vous fournissent  logement et travail, seulement avant de bosser il faut rester et payer 2 semaines…et après ils prennent une commission sur ton salaire.
C’ est donc pas fier et sous la brulure du soleil que je parcours les 5 kilomètres de zone industrielle pour me rendre la bas.
Et c’est le moment que Super Kylene a choisi pour venir m’ extirper des griffes des méchants.

Il fait chaud,  mon sac pèse des tonnes,  cette ville ne m’ inspire pas du tout. Je ne sais pas quoi faire. C’ est la déprime, le coup de blues… Mais je ne peux pas me laisser aller…
J’ erre dans les avenues sans âme de cet ilot urbain. A peine plus de 200 dollars en poche,  et j’ en suis toujours au même point.  Après avoir englouti une énorme tablette de chocolat achetée au Aldi du coin, afin de m’écœurer  et de m’ apporter un surplus de calories et d’ énergie,  je me résigne à me diriger vers le seul hébergement pour backpacker du coin. Je ne compte pas y rester mais tenter de rencontrer d’autres voyageurs et voir ce qui arrive.
Un monsieur me dit qu’ il suffit de longer la route principale sur 5 kms, je ne peux pas le rater, c’ est entre le car wash et le Mac Do, aïe, aïe, aïe.. j’ imagine déjà très bien l’endroit.
C’est alors sous une chaleur terrible que mon sac et moi nous trainons lamentablement au bord de cette route.
A peu près à mi-chemin, une enseigne d’agence d’ intérim me promet du travail, je sais qu ils n’ en ont pas, mais je me dis qu ‘au moins, ils doivent avoir la clim, alors j’ y entre pour discuter et me rafraichir, elle est fermée, eh oui il est 16h30 et elle doit fermer a 17h..j apprendrais par la suite que le fait est commun en Australie.
Alors là,  j’ appelle le lecteur à être très attentif à ce qui va suivre, car l’ enchainement est complétement surréaliste.
Cette agence a un seuil commun avec un cabinet d’ architecture, qui lui est ouvert.
Alors je me dis qu’ il est temps de penser à faire construire,  je pousse donc la porte,  une jeune fille très souriante m’ accueille très chaleureusement en me disant qu’ elle m’ attendait.
—Hey, Guy !!! enfin te voila !!
___ ?????
___ on a mis ton eau au frais !!-
____ ???? pardon ???
____ Tu viens d’ arriver dans ce trou, tu cherches le back packer, t’ as plus d eau, tu as voulu t’ arrêter à l’ agence à côté qui est fermée, du coup tu es entré ici demander de l’ eau, et je pense que tu es Français ou Italien.
___ ???? ben euh oui, quelque chose comme çà !!!
___ on en a un comme ça toutes les semaines, me dit-elle en me tendant un verre d’eau.
J’ éclate de rire, elle aussi
____ Je m’ appelle Jamylene
_____ David, enchanté…
Alors on discute quelques minutes, elle me dit que l’ hôtel est plus très loin, mais qu’elle pense que de toute façon il est complet.
Même si les nouvelles ne sont pas bonnes, cette rencontre m’ a revigoré et je repars en me marrant.
J’ arrive au bout de la zone, il y a un car wash, un Mac Do,  mais je ne  vois pas d’ hôtel…Jje cherche du regard quelques minutes, puis demande à un type sur le parking.

___ Un hôtel à back packer ici ?? Ah non !! Mais à Moroopona , oui.
A ce moment je sens la panique m’ envahir.
__ Mais c’est où ça, Moroopna, y au moins 5 personnes qui m’ont dit que c’ était ici
___ Moroopna c’ est à 7 kilomètres, dans cette direction, me montrant celle d’où je venais.
Et là une dame intervient.  Tu veux aller à Moroopna ? J’y vais,  je t’ emmène ??
Le type et elle, discutent à propos de cet hôtel à Moroopna, elle ne sait pas ou c’est, il lui explique, et me dis qu elle va m’ y conduire…
Là, je suis assommé , j’ y comprends rien, en centre ville, tout le monde me dit que c est ici, et là, il n’ y a rien et plus personne ne connait l’ endroit…. Mais qu’ est- ce qu’ il se passe ??
Je monte donc en voiture, direction Mouroop, Moroup …enfin là bas quoi….
___ My name is Kaylene.
____David, enchanté.
En arrivant, on ne trouve pas,  demandons à quelqu’ un , qui ne connait pas, j’ ai alors l’ impression d’ être dans une grosse blague, dans le désert ,où cet hôtel serait un mirage qui disparaitrait au fur et à  mesure que l’ on en approche… J’ en ai la tête qui tourne.
Puis on redemande à quelqu’un.
___ Jamais entendu parler, par contre, au super marché y a une annonce pour un logement à backpacker.
Kaylene et moi décidons, d’ aller jeter un coup d’ oeil.
Cette dame est vraiment super gentille, mais je ne sais pas encore a quel point !!! Le problème, est qu’ elle parle un Australien de la campagne très difficile a comprendre…
L’ annonce est en fait un carton géant, proposant un logement tout équipé pour 110 dollars la semaine, ce qui est pour ici , vraiment pas cher du tout. On note l adresse et décidons d’ aller jeter un œil. Mais avant, Kaylene doit passer chez elle .
Lorsque je descend de la voiture, j’ entends :
__ Hey , here you are !!
C’ est Jamylene, qui est là dans le jardin en train d arroser les fleurs….. Elle est la fille de Kaylene…
On explose de rire tous les 3, après quoi, on vérifie ensemble sur internet les adresses de tous ces endroits.
Le premier existait bien, et je m’ apercevrai plusieurs jours plus tard en repassant devant, qu’ une une pancarte gigantesque annonce son emplacement, et ce jour là , sur ce parking , j’ ai du avoir affaire aux 2 seules personnes de la région qui ne connaissaient pas cet hôtel.

Ainsi en avait décidé le destin, je devais rencontrer Kaylene et sa famille, sans quoi, la suite de mes aventures, donc de ma vie, aurait surement été très différente.

A suivre…..

Kaylene se propose pour m’ emmener visiter ces endroits, j’ accepte sans sourciller.
On va donc voir le backpacker de Moroopna d’ abord.
A la réception personne !!! J’entre à l’ intérieur et fait ma propre visite, et ce que j’ en vois me fait dire que jamais je ne resterai dans un endroit pareil..
Des chambres ou plutôt des étables pour 20 personnes, ceux qui sont là ne font même pas attention à mon intrusion, écrasés par l’ ennui et la chaleur, les rideaux sont tires créant une lumière tamisée lugubre, la pièce est sens dessus-dessous , des draps sont tendus entre les lits espérant gagner une once d’ intimité, tout cela crée une ambiance junky amorphe. De plus,  il faut le savoir,  les personnes qui restent dans ce genre d’ endroit sont exploitées.
En effet, avant de vous faire accepter, vous devez payer 2 semaines d’ avance, une semaine coute 150 dollars, et ensuite c’ est la direction qui en contact avec les fermiers,  gère le débit de travailleurs suivant les jours,  ils ont besoin de 20, 30 ou 60 personnes . Alors vous n’ êtes plus le gestionnaire de votre vie, et vous n’ êtes payé qu’ un pourcentage de votre travail effectif.
En fait, ça marche comme un bordel mafieux !!!
Beaucoup acceptent ces conditions, parce que pas le choix !!!

Je m’ enfuis donc d’ ici et retourne vers Kaylene, direction la 2eme adresse de notre liste.
Celle ci nous amène a la campagne, et me permettra de rencontrer Paulette.
Paulette est une femme d’ une 60aine d’ années, qui a une jolie petite maison avec une dépendance qu’ elle loue à la semaine, habituellement pour des vacanciers. Mais elle s’est rendue compte, que dans le coin, il y avait plus de gens venus pour bosser que pour apprécier la campagne plate et désertique des alentours .Le logement qu’ elle propose est parfait, confortable,  bien équipé, et surtout pas cher.
Le problème est que seul et sans voiture, ici ce sera très dur.
Je ne sais alors pas quoi faire!!!
Puis Kaylene me demande de venir chez elle,  pour ce soir,  le temps de prendre du recul et d’ aviser quelque chose.
J’ accepte une fois de plus !!!
Le temps de parcours du retour me suffira à aviser quelque chose !!!
Je vais rappeler les contacts de Melbourne, leur dire que j’ai un logement extra au milieu des vergers, qu’ il nous faut 4 personnes avec une voiture et que le reste …. c’ est gagné !!!
Je contacte donc Emma, Capucine, Matthieu, Kevin, Mickaël, Joël, Marcel, Angel….

Certains m énerveront en me répondant, qu’ ils veulent plus de garanties, connaitre la superficie exacte du logement, la couleur du papier peint et être sûrs que tout le monde sera d’ accord sur la marque de papier toilette à utiliser……
D’ autres comme Matt , Capu et Mickael tenteront leur chance.
Le premier et ses potes ne trouveront pas de voiture, les 2 suivants se rencontreront, trouverons 2 autres personnes , achèteront une bagnole et me rejoindront le surlendemain. Ça c’ est de l’ efficacité  !! Bravo les gars !
Pendant ces 2 jours je resterai chez Kaylene , à regarder le tennis à la télé et profiter de la vie à la maison. En échange je m occuperais de la cuisine, et quel plaisir de pouvoir se faire la popote et la partager, ça faisait plusieurs mois que je n’avais pas touché  une casserole pour faire autre chose que bouillir de l’ eau.

Le rendez vous est pris avec la Capu troupe , vendredi 15 heures en ville.
Je suis en avance, et en attendant je rencontre Coco, Kim et Lili.
3 Français, un peu paumé s comme nous , qui cherchent du boulot .Je leur propose de se joindre à nous, leur décris en 3 mots  le plan…. ils disent ok.
Je rappelle alors Paulette, lui dit qu’ on ne sera pas 3,  ni 4  ,ni 5 mais 8, à  débarquer chez elle dans 20 minutes.
Le soir même, Erika, d’ Italie et Frankie de Corée débarquent également là-bas.
On est maintenant 10, on a 3 voitures, un logement super au milieu des vergers…..
C’est le début de notre réussite à Shepparton !!!
Tous les matins qui suivront, nous démarcheront les fermes alentours en leur proposant nos services individuels ou collectifs et les après midi nous détendrons tantôt à la piscine,  tantôt à la rivière jusqu’ à ce que petit à petit,  les gens du coin nous connaissent et nous donnent du travail.
Au début , il nous faudra accepter toutes sortes de travaux d’ esclavage , comme ramasser, sous le cagnard des aubergines pendant 6 heures et gagner 30 dollars, bouger des tôles en plein champ en compagnie d éventuels serpents et des araignées les plus dangereuses du monde, se lever aux aurores pour aller cueillir des courgettes et revenir avec 15 dollars…..
Puis les poires et les pêches sont arrivées, et là on gagnait mieux, entre 100 et 200 dol par jour, mais attention,  pas question de parler de contrat, sinon …..plus de boulot.
Après évidemment,  au fur et à mesure que la saison avance, la quantité de travail s’ accroit, et on commence a s’ en sortir, mais le travail de ferme est pénible et pour gagner un peu d’ argent il faut vraiment bosser dur, car les boulots payés à l’ heure sont très rares ,on est paye a la benne remplie.
Et là ça peut être jackpot ou banqueroute…suivant la qualité des vergers ou champs dans lesquels on travaille. De plus on est tributaires du temps ( si il pleut pas de boulot), de la demande en fruits, de si ils sont mûrs ou pas, on peut se faire virer du jour au lendemain etc etc, donc une grande précarité dans le travail.
Dans le but d’ accroitre mes chances de réussite, et toujours dans l’ optique ::
”Quelqu’ un peut connaitre quelqu’ un qui connait quelqu’ un qui peut….”
De travail en rencontres, je prends un maximum de contacts et donne le meilleur de moi même au boulot, ce qui me vaudra une certaine confiance de mes patrons et un répertoire téléphonique dont l’ annuaire de la Nièvre serait jaloux. Des atouts dans mon jeu.
Car à plusieurs reprises alors qu’ on se croyait sortis d’ affaire et assurés d’ avoir du travail pour plusieurs semaines, soit on se faisait virer comme des chaussettes sales, soit plus de travail dans cette ferme, soit plus de fruits sur les arbres etc etc.
Alors le fait d’ avoir ces contacts nous aura permis d’ avoir de quoi rebondir à chaque fois.
Puis à chaque fois que je rencontrais des gens comme nous, sans boulot, on était en mesure de pouvoir les aider un peu, histoire de rendre la pareille à la destinée.
Le jour de mon anniversaire, j’ ai eu la bonne idée de prendre un vélo et de démarcher les usines alentours, sans espoir mais avec optimisme. En rentrant dans le bureau de SPC, j’ ai senti un bon feeling avec Gael, la secrétaire. On a tout de suite blagué sur ma condition de français fauché perdu au milieu de cette plate forme fruitière sans intérêt, du paradoxe du mythe du baroudeur qui fait rêver alors qu’ il se traine dans la boue et bien sûr ,du rêve de l’ eldorado australien.
Elle me pose quelques questions pour remplir un formulaire d’ embauche. Quand elle me demande mon nom, qu’ elle me fera répéter 3 fois, jusqu’à ce que je lui montre mon passeport … Elle éclate de rire et file dans le bureau d’à côté appeler ses collègues afin de les prévenir qu elle a “Bilbo” dans son bureau. Eh oui ! Si en France ça passe à peu près inaperçu, ailleurs,  à chaque fois c’ est un grand moment !! Puis vient le moment où elle me demande ma date d’ anniversaire…… Ben c’ est aujourd’hui… Bon,  je vous passe les détails de l’ euphorie qui suivra, mais ce qui est sûr c est qu’ ici,  ils se souviendront de moi.
Et ce sera bon pour la suite !! Même si en partant elle me dit que la saison va bientôt commencer, mais il ne faut pas espérer avoir un job à cause du nombre insensé de candidats…
Bref !! J’ y crois pas , mais c’ était sympa.
En rentrant à la maison, une surprise m’ attend. Mes nouveaux compagnons ont organise une petite sauterie. Crêpes, bières et franchouillardise !!!
Puis quelques semaines plus tard, après s’ être fait virés d’ un champ de poires, 3 de mes acolytes et moi, (précarité oblige) décidons de retourner à ce bureau…et là patatras… Elle nous colle une journée de formation,  puis ensuite ce sera l’ embauche pour la saison.
JACKPOT !!!
Un travail payé à l’ heure, régulier et facile. 26 dollars de l’ heure la semaine, le double le weekend, soit entre 1000 dollars pour 5 jours et 1800 pour 7.  Soit 1000 euros par semaine complète, c’ est du délire !!!
Le seul hic….Le jour on doit commencer est le jour où j’avais décidé d aller chez le dentiste. Je dois donc annuler et repousser , et ça , ça a été très dur parce que là je souffrais vraiment et y a plus rien qui aidait.
Mais heureusement , quelques jours plus tard, j’ ai pu me la faire arracher (la dent) et ça a  été un grand moment de bonheur !! Même si à peine 10 jours après, j’ ai chopé une infection de l’ oreille , ça n’ a pas été drôle non plus ça… Mais maintenant tout va bien !!!
Au moment ou j’écris ces lignes, je suis dans ma tente, dehors il pleut. J’ ai 5 jours de congé devant moi, puis 2 semaines de boulot avant de partir de cette capitale de l’ ennui, qui m’ a permis de me refaire une santé physique, psychique et financière.
A ceux qui m’ accusent,  certes à juste titre, de teasing,  je leur présenterai mes excuses,  mais cette fois la suite n’est pas cachée,  elle n’ est,  pour le moment qu’ écrite dans les lignes du destin,  comme vous je ne la connais pas encore.

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