Sempu Island ! Le paradis infernal

A peine 2 jours de répit à Jakarta et c’est reparti, direction l’ est de Java pour aller célébrer le nouvel an sur une ile déserte….Sempu Island. Cette fois on décide d’ y aller en bus mais on le rate, alors encore une fois c ‘est parti en stop,  il est de nouveau 23h,  la pluie nous accompagne et notre premier ride ne se manifestera pas avant 2h 30 du mat et quelques  12 kms de marche pour rejoindre l’autoroute sur laquelle on stoppera sur la bande d’ arrêt d urgence. J’ avoue qu’ à ce moment, la joie n’ était pas ma compagne. Mais après 37 heures de stop, avec 5 camions et 2 voitures et un coup de fil des poteaux d’ Annecy, on arrive à Malang à 13 heures,  complétement crevés , nos hôtes  nous proposent de rester chez eux,  je me dis que je vais leur cuisiner un p’tit  quelque chose. Ils me réclament des spaghettis, ça va pas trop dur, mais ce sera les plus épiques de ma vie, à ce moment je me rappelais à peine mon nom tellement j’ étais crevé…. A 20 heures,  2 amis de  Diah et 2 allemands nous rejoignent, nos hôtes les accueillent également… ça va sympa, même si ils n’ ont pas aimé mes spaghetti, pas assez épicés à priori… Ben oui ici, si ça te défonce pas le palais, c’ est considéré comme fade… Le lendemain départ prévu à 6 h, pour 3 h de bus avant de prendre une pirogue et de gagner l’ ile ou un trek de quelques heures dans la jungle nous séparera encore de la plage de rêve, ça c’ est le programme dans  nos têtes, la réalité sera différente et elle nous fera passer, à tous,  le plus insolite des réveillons . où le paradis a côtoyé l’enfer, la fête,  la survie dans la jungle, l’eau turquoise du lagon une rivière de boue. Je vous raconte dès que possible. Donc, voila l’ équipe au complet réunie.  Chez les autostoppeurs hôtes, de grandes discussions nous permettent de faire connaissance. Il est plus d’ 1 heure du mat quand on va se coucher. Le plan est de se réveiller vers 5 h pour partir a 6. Vous aurez déjà compris, que ça se passera pas comme ça. Le réveil aura lieu a 6 h,  bon 1 heure de retard on est encore dans les temps.Mais le petit dej s’ éternise, on papote et lorsque nous sommes prêts  à partir, nos hôtes décident  de venir avec nous. Bien sûr  ils ne sont pas prêts du tout. Le plan est le suivant : Daniel,  Diah et moi on part devant en bus, les autres nous rejoindrons en voiture directement au port. Il est 9 h quand on décolle de la maison. Déjà 3 h de retard. Nous arriverons au port vers 12h30, et là coup de fil des autres , ils décollent juste de Malang. On apprendra plus tard qu’ ils auront tourné en rond en ville à la recherche d’ une bouteille de Jack Daniel, qu’ ils ne trouveront pas. Vous me direz oui, mais c’ est les vacances, c’ est cool , bla bla. Oui ,mais le problème, c’ est qu’ on a 3 h de route,  30 minutes de bateau et encore plusieurs heures de trek dans un chemin incertain sur l’ ile,  et la nuit tombe vers 18 h. Alors ça remet en cause sérieusement notre programme.  Il est 15 heures quand ils arrivent enfin et 17 heures quand on embarque sur la pirogue. La marée étant basse, le bateau doit stopper à environ 200 mètres de la côte, on doit donc marcher dans l’ eau jusqu’ à mi-corps pour rejoindre la berge ou l’on rencontre une 50aine de personnes couverts de boue de la tête aux pieds. Ils reviennent du lagon et nous disent que le chemin est impraticable. Les têtes brûlées que nous sommes  décident de foncer quand même mais nos hôtes eux feront demi tour après nous avoir sérieusement mis dans la merde. Il est 17 heures, encore 90 minutes de jour,  un chemin boueux et escarpé, des sacs à dos blindés de bouffe et surtout d’ eau car il n’ y a pas de source sur l’ ile et des 10 aines de gens qui nous disent de camper là et d’ attendre demain. Je penche de ce côte, car je vois bien que la moitie de mes compagnons ne s’en rend pas compte et n’ ont aucun entrainement ni condition pour ce genre d’ aventure. Et pour agrémenter tout ça, la perspective, voire la certitude que la pluie va tomber. Ici c’ est la mousson. Pas moyen de raisonner qui que ce soit. On s’ engage alors en enfer. Tous chargés comme des mules, en plus de mon sac à dos je porte une bombonne de 6 litres à la main, celle- ci ne tardera pas à se charger en boue et à peser le triple de son poids original. Mais on va plutôt bon train…..  Au début. Car au fur et à mesure que la nuit tombe, le chemin nous offre des surprises morphologiques. Les chutes et les glissades s’ enchainent, au début on en rigole, puis peu à peu la fatigue et l’angoisse prennent le contrôle de nos émotions. Ça y est, l’ obscurité est complète. Nous sommes 6, nous avons 3 lampes… Nous nous organisons en fonction, et de temps en temps les éclairs nous viennent en aide … L’ orage va éclater. Ça fait maintenant 2 heures qu’on patauge plus qu’on avance. Ça fait 2 heures qu’on est a mi-chemin, ça fait 2 heures qu’ on aurait du arriver, ça fait 2 heures qu’on aurait pas du partir. Et puis ce qui devait arriver arriva, le chemin n’ est plus très clair, le sentier plus évident, à gauche à travers la mare ou à droite dans la pente glissante ? « Ah je pense qu’ on s’est trompés, il y a 10 minutes au niveau du gros arbre, retournons y –ok » évidemment plus de gros arbres… La pluie nous donne un léger avertissement, pas méchant. Puis on entend le son de trompettes, quelqu’ un réveillonne, on est pas loin. Youpi on a trouvé, on marche comme l’ on peut dans cette direction, très vite on arrive à leur parler. L’ équipe dans l’euphorie,  malgré mes injonctions se disperse et les possesseurs de lumières en oublient les autres. Après plusieurs longues minutes de galère et perte de contrôle, on rejoint l’ autre groupe. Mais eux aussi sont perdus, ils sont 5 et n’ ont qu’ une lampe. Le coup au moral est dur !!! On discute et tentons de faire le point calmement… On envisage de s’ arrêter là , considérant qu’ il est trop dangereux de continuer. On essaie de se dire qu’ après tout on est pas si mal, que c’ est une façon originale de « newyearever ». Puis,  Philipe qui a un Gps sur son tel, nous dit qu’on est vraiment pas loin du lagon.  Aller on reprend , plein est…. On  n’y voit vraiment rien malgré des éclairs de plus en plus fréquents. Après 1h de progression pénible, 2 d’entre nous décident qu’ il est temps d abandonner, ça fait déjà 4 h qu’ on dans cette galère, il fait chaud, humide, on est couverts de boue, les moustiques énormes et super agressifs, l’ idée de s’ arrêter là  ne m’ est pas agréable du tout. Puis une fois encore, des trompettes, mais celles ci beaucoup plus nombreuses. Cette fois ça ne peut être des gens perdus… Aller on continue, encore une petit effort. Mais chaque pas est un effort, quand ce n’ est pas un arbre à chevaucher , c ‘est une mare à traverser ou une côte à grimper ou à dévaler…. L’ enfer au paradis. Les trompettes deviennent des voix , mais il semble qu’ on court après un mirage qui s’éloigne… La pluie commence doucement. On se contente de l’ entendre dans le feuillage des arbres sans la sentir encore. Soudain des cris de joie, le groupe de tête atteint les trompettes, ça y est, on va pouvoir monter la tente,  aller se baigner, se débarrasser de cette boue gluante qui recouvrent chaque centimètre de nos corps, boire un verre de vin,  manger et ….dormir. La déception est immense quand on se rend compte, que le groupe est une assemblée de naufragés, tout comme nous, mais eux ont abandonné et se sont réfugiés sous une bâche accrochée aux arbres. Et c’est le moment que choisit l’orage pour éclater, ceux qui connaissent l’ intensité des pluie de la mousson savent dans quelle situation nous nous trouvons. La pluie est si intense et si dense qu’ on a l’ impression de s’y noyer. Heureusement la bâche est là, solidement tendue et nous comprimant,  tels les pingouins sur la banquise, nous permet de nous abriter. Combien de temps cela va t’ il durer ?? 1h, 3h ou 2 jours ??? En tout cas c’ est l heure de fermeture du Cyber café.. A très vite, depuis un autre continent. Désolé,  pas le temps pour la relecture. Salut la compagnie, ça fait un bail que j’ ai pas écrit dans le coin… J’ espère que tout le monde va bien et que le rude hiver que vous traversez n’ enfonce pas le clou de la dépression. Comme le savent ceux qui auront suivi,  ça y est je suis arrivé en Australie, et ce, depuis déjà 6 semaines. Alors vous vous demanderez surement pourquoi, depuis un pays aussi développé, j’ ai eu autant de mal à me connecter. Eh bien,  c’est qu’ il m’a fallu me confronter  à la réalité du terrain avec l’ idée de paradis eldoradesque que je m’ étais faite de ce pays. Lorsque j’ ai débarque à Melbourne, ce 8 janvier à minuit, j’ avais 500 dollars dans ma poche, pas de connaissances, pas de travail et une belle rage de dents… .Aujourd’hui,je suis en coloc avec 7 autres personnes, j’ ai une dent en moins, un répertoire téléphonique digne d une star de cinéma et je gagne 1400 dollars par semaines. Mais avant de vous raconter comment « CA », c’ est passé,  je vais revenir un peu là où je vous avais laissé :dans la jungle indonésienne pour le réveillon le plus original de ma vie. J’ avoue ne plus me rappeler exactement là où je m’ étais arrêté, donc désolé pour la faute de raccord. « Dans l’ épisode précédent, David et ses nouveaux amis, Diah, Daniel, Angel, Philip et Helena avaient décidé d’ aller passer le nouvel an sur les bords d’ un lagon au milieu d’ une ile déserte.L’ idée semblait bonne, mais c’ était sans compter sur le fait __ que des milliers de personnes avaient eu la même idée ___sans compter sur le climat ultra humide de la région ___ mais surtout, sans compter sur ces putains de 6 heures de retard . Ces conditions réunies seront les ingrédients du cocktail qui auront permis de concocter un nouvel an hors du commun. » Quand le cyber café de l’ aéroport de Bali avait du fermer ses portes,  je vous disais que l’on se serrait tous sous une bâche de quelques mètres carrés pour se protéger du déluge qui nous tombait dessus. Heureusement,  ça n’avait pas duré trop longtemps, mais assez pour perdre toute énergie et motivation pour continuer le chemin, toute la clique était résignée à dormir ici, dans la boue, trempés, incapables de s’ allonger ni même d’ étendre les jambes.. . Il ne faudra que quelques minutes à Daniel avant de décider de faire une autre tentative. Je le suis. Et nous voila repartis sur un semblant de sentier. A une centaine de mètres du campement un énorme rocher bloque le passage, on se dit que perchés en haut on aura peut être un meilleur apercu de notre situation. Il fait noir, ça glisse, mais les prises sont grosses. On atteint rapidement le sommet. Une fois là, on réalise qu’ on ne trouvera jamais et qu’ il serait fou de continuer. C’ est alors qu’ un feu d’ artifice, des cris et (encore) des trompettes nous percent presque les tympans, ces sons sont si proches qu’on pourrait les toucher. Il est minuit et on vient de trouver le lagon. ___Happy new year, me crie Daniel en dévalant le caillou et me laissant derriere sans lumière. ___Bloody new year !!! Tu veux dire !  Pas le temps de réfléchir,  si je veux  pas rester coincé ici,  je dois me jeter moi aussi et profiter du rayonnement de sa lampe,  mais malgré mes appels au calme, il continue à courir et il m ‘est impossible de le suivre car je trébuche sans arrêt dans les racines d arbres… Quel connard !!!! J’ arrive enfin à le raisonner et à le convaincre de m’ attendre, on finira alors le chemin plus sereinement et après encore 20 minutes de glissades, de désorientation, on arrive finalement a la plage… On ne parle à personne, on ne voit personne,  notre seule obsession est d’ aller directement se jeter à l eau, tels quels. Quel bonheur, sûrement le meilleur bain de ma vie. En sortant de l’eau on réalise combien la plage est bondée , des centaines de tentes sont collées les unes aux autres, ce sera impossible de planter les nôtres… On retourne alors au « campement ».  Sur le chemin on se demande si c’ est une bonne idée de dire aux autres que nous l’avons trouvé.  Car considérant la dangerosité du terrain et le fait qu’ on ne pourra pas y dormir, il serait peu-être  plus prudent d’ attendre le soleil. Mais lorsque l’on retrouve la troupe, ils sont tous amorphes, presque incapables de parler et bouger. On se rend compte qu’ ils sont gentiment rentrés en hypothermie. .Ça peut paraitre étrange, sous ces latitudes, mais le fait est qu’ il fait environ 20 degrés, que personne n’a mangé depuis longtemps et des heures que l’on patauge dans la boue. Lorsqu’ on leur annonce que le lagon n’ est qu’à 20 minutes de marche, aucune réaction: L’ hypothèse devient une certitude. Il faut absolument les bouger. Calmement, en les secouant, on leur explique la situation et heureusement quelques uns comprennent très bien, et font l’ effort surhumain de se dégager de cette torpeur et nous aident à secouer les autres. En quelques minutes tout le monde est debout,  bien que pas très vivaces mais prêts à marcher. On se partage les lampes et formons des groupes de 3 personnes, peu après ,nous sommes tous réunis sur la plage, propres et réchauffes. On arrivera même à planter les tentes, le problème ,c’ est que c’ est à un endroit occupé par la marée haute… Il nous faudra donc nous réveiller sans faute avant de se faire submerger par les vagues. Car même si il s’ agit d un lagon, il est connecté par un canal à la mer et subit également les marées, son eau est d’ailleurs excessivement salée). Il est 2 heures du mat, le temps de faire du feu, de manger des nouilles et d’ aller se coucher… en rigolant bien du fait que l on a tous fait rêver nos amis en leur annonçant qu’ on allait passer le réveillon dans un endroit paradisiaque alors qu’ on était bel et bien en enfer…. 4 heures plus tard… DEBOUTTTTTTTTTTTTTT !!!!!!!! Eh ouais,  évidemment personne ne s’est réveillé à temps, la dernière vague a atteint les tentes, il nous faut nous magner de plier et de se sauver… Décidément …. c ‘est compliqué !!! Heureusement  beaucoup sont déjà en train de partir et nous dégagent de la place pour déménager, par contre,  ils laissent tous l’ endroit ….dégueulasse, plastiques, bouteilles, essence renversée… Plusieurs feux sont allumés par-ci, par-là  pour brûler les déchets, rendant l’ air nauséabond, si vous ajoutez a ça le grésil qui tombe… .Autant dire que ça n’ est le meilleur réveil de ma vie… Mais les choses vont très vite s’arranger, le ciel se dégager, la plage se vider et nous nous éclater.  Cet endroit est aussi sauvage que magnifique,  dommage que les gens d’ ici n’ aient pas conscience de l’ impact de leurs actes. Tous y viennent avec des bouteilles d’ eau, de la nourriture et repartent sans emporter aucun déchet… Quand j’ aborde le sujet avec eux, tous me répondent, « oui,  mais dans 10 ans, tout aura disparu ». Ceci m’ amène la réflexion suivante : de tous les pays que j’ ai traversé,  très peu se soucient de la qualité de l’ environnement dans lequel ils vivent et les déchets finissent dans la nature ou dans la rue. L’ irlande,  la Russie, la Lituanie, l’ Indonésie, la Thaïlande et bien sûr la chine et une bonne partie de l’ Afrique sont particulièrement degeus, alors que le Laos, la Malaisie, l Estonie , l’ Allemagne et évidemment le Japon sont très propres.. Bref, après cette soirée et ce réveil de galère mémorable et plutôt amusantes, s’ ensuivront 2 jours de pur bonheur simple à jouer à Robinson Crusoe. Ensuite direction Bali, pour 2 jours de surf, puis…. Après l’ échec de mes recherches de bateau,  j’ai tenté  en vain « l’ avion stop », mais la situation pressante dans laquelle je me trouvais, du fait de l’ expiration imminente de mon visa , ne m’ a pas permis de réussir dans cette voie,  mais aussi bizarre que ça puisse sembler, l’ « avion stop » est une pratique de plus en plus courante et qui a un succès relatif… A suivre donc…  Bref, il m’ a donc fallu acheter en urgence un billet d’ avion, et le sort a décidé que j atterrirais à  Melbourne, le 8 janvier a 00h10….  Je savais qu’ une page se tournait dans mon voyage, je savais que ce serait difficile… Mais surtout je savais que j’ y arriverais…. A bientôt pour la suite, j’ espère que vous aurez autant de plaisir à lire ces lignes que j’ en ai eu à les écrire, mais ça , je sais que c’ est pas possible, désolé.  A tous,  où que vous soyez sur la terre, je vous souhaite d’ avoir connu le froid, afin de savoir se souvenir qu’ il est bon d’ avoir chaud . A bientôt. David.

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.575947259084755.1073741829.334038009942349&type=1&l=c9465a2defImageImageImageImageImageImageImage

Alors , on en parle ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s