Shikoku à vélo!!!

Bien le bonjour à tout le monde. Il me semble que la dernière fois on vous avait laissé du côté de Noashima, chez notre amie Anne. Eh bien c’est ici encore que nous nous trouvons aujourd’hui. Naoshima est une petite île de 7,2 kilomètres carrés, nichée au milieu de la mer intérieure du Japon. Cette île aux plages magnifiques et aux collines boisées sera pour nous un véritable havre de paix et de repos pour nos carcasses un peu désorientées. Entre baignade, visite de l’île à vélo, soirée franco-japonaise animée, on aura même l’occasion d’aider Anne à désherber la rizière où elle travaille. Ce travail consiste à s’immerger jusqu’aux mollets et dénicher les mauvaises herbes parmi les pousses de riz. Des vrais japonais…. Après une semaine ainsi, on décide de partir en excursion à vélo sur une autre île, celle-ci grande comme la Corse à peu prés. On sera sensé y rester jusqu’au 10 juillet, date à laquelle, une autre amie nous rejoindra chez Anne. Alors chevauchant nos supers bicyclettes on embarque pour traverser le mer intérieure, direction Takamatsu sur Shikoku. A Takamatsu, un des plus beaux jardins japonais existe « le Ritsurin ». Pauline voudra rester le visiter tandis que Rutch et moi prenons la route de suite. Le rendez-vous est pris quelque part sur la route 32. Seulement après quelques kilomètres un pont séparera nos routes. A ce moment on ne se doutait pas qu’on ne se reverrait qu’une semaine plus tard. 20 kilomètres plus tard, je m’arrête au temple « Kompirasan » après avoir gravi les 1324 marches dont l’ascension est ponctuée de temples et point de vue de toute beauté, on arrive un modeste mais très coloré temple shintoïste destiné à la chance des marins. La vue sur la vallée est très belle. En redescendant je trouve le vélo à Pauline et quelques minutes plus tard Pauline me rejoins. Il est alors temps de trouver un bivouac pour passer la nuit et cuisiner nos inlassables pâtes chinoises. Seulement les serpents et le vallonnement de la région limitent grandement les possibilités. On décide alors de frapper à la porte de l’habitant pour demander de camper dans leur jardin. On arrive à se faire comprendre plus ou moins facilement et voilà nos tentes installées dans l’herbe. Le lendemain matin on restera coincés dans la tente jusqu’à 13 heures à cause de la pluie. Ambiance… Nos pensées vont vers Rutch qui n’a pas de tente, lui. Ambiance… A cette heure on décide de braver la pluie, de laisser nos tentes et affaires sur place et d’aller visiter le joli village de Kotohira. Le soir après un bon bol d’udon: sorte de grosses pâtes servies chaudes en soupe qui est la spécialité du coin, on retourne à notre campement. Le lendemain le soleil nous réveille. Youpi! Mais la pluie nous surprendra de nouveau vers midi, du coup on mangera nos maquis sur un quai de livraison sans même provoquer la surprise des gens qui y bossent. Aussitôt après le déjeuner, la pluie cesse et nous reprenons la route. A quelques encablures de là, c’est Pauline qui disparait. J’étais devant, je l’attends, je l’attends, fais demi tour, pas de Pauline… Je ne la reverrai également qu’en rentrant chez Anne. Un peu inquiet mais pas trop, je continuerais donc ma route seul. Ayant cherché et attendu Po quelques heures, il se fait déjà tard et le temps couvert qui devient de nouveau très pluvieux, rend la vallée étroite dans laquelle je me trouve, très angoissante. Trempé, je trouve de vieilles toilettes où je décide de m’arrêter. Le sol est mouillé et une odeur de toilette se dégage de l’endroit. Mais c’est ici que j’envisage de passer la nuit. Ambiance… La transpiration s’ajoutant à l’humidité extérieure me font insupporter mon état. Je troue un tuyau que je connecte au robinet et prend une douche dans ce taudis puant. Ouf ouf, une éclaircie…. je reprend aussitôt la route pour tenter de trouver un oasis digne de ce nom. La route monte, il ne pleut plus du ciel mais des arbres cette fois, mais les nuages et la vapeur de la pluie rende l’endroit mystiquement magnifique. Le moral est bon. Soudain une barrière m’indique un camping en contrebas, en plus il est fermé. Hourra!! Tous les vagabonds de mon espèce vous diront qu’il n’y a pas plus accueillant qu’un camping fermé car on y trouve toujours un auvent sous lequel s’abriter, souvent de l’eau et parfois de l’électricité. J’aurais les 3, plus de quoi faire du feu et même de la lumière. Je me sens bourgeois. Seul ombre au tableau en plus de la pluie: le partage inéquitable de la nourriture entre Pauline et moi (on était pas censé se perdre..) qui me rend propriétaire de 2 paquets de nouilles et de quelques brioches. Dans ma poche 600 yen et une carte qui ne marche pas partout.. Il me faudra donc économiser et gérer au mieux ces quelques calories. Affamé je me résous à manger un paquet de pâtes. Seulement pas de bois sec, je serais amené donc à cuisiner au feu de PQ, que j’ai trouvé en abondance dans les toilettes, allumé avec le briquet ramassé par terre quelques minutes auparavant alors que j’en n’avais pas. Qui parle de providence? Je pourrais en plus charger mon Mp3 et mon appareil photo, mes 2 seuls compagnons. L’un qui me racontera les aventures de Tom Sawyer (en voyage je lis en livre audio) et l’autre qui me connecte avec le reste de la terre en donnant les images que je partagerais ensuite avec vous.
[Désolé, je dois interrompre ce récit car nous partons à la visite d’un musée d’art. A ceux qui connaissent les 5 Solariens du Japon, sachez qu’on vous embrasse et pensons tous à vous. A bientôt pour la suite…]
Allez hop, j’écris à la suite.
Bercé par le vent et la pluie dans les arbres, la nuit fut douce, le réveil humide.
Ne sachant pas à ce moment quand j’allais être capable de retirer de l’argent et de faire des courses, il me fallait économiser la nourriture, donc mon petit déjeuner fut très léger. Je profite du fait d’être bloqué et d’avoir de l’eau pour me doucher et laver mes vêtements. Soudain quelqu’un vient et me trouve dans les toilettes avec du linge partout et la brosse à dent dans la bouche. 10 minutes plus tôt et il me surprenait en train de me laver les pieds dans le lavabo des toilettes des filles… oups! C’est le proprio du camping. Il m’annonce qu’il est fermé. Ah ouais? nan? je savais pas….
Finalement très sympa, il me souhaite la bienvenue. Ouf.
Par contre pendant ce temps là les corbeaux se seront chargés de piller le peu de nourriture qu’il me reste. Aïe aïe. Si je trouve pas d’argent et de magasin aujourd’hui ça va être la galère, je dois donc prendre la route sous la pluie. Heureusement elle est chaude et douce, ce qui rend la balade très agréable. De plus les paysages sont superbes. Je trouverais argent et nourriture, bref la vie est belle. Par contre ça grimpe sévère. A un moment, il y a un tunnel à traverser ou passent bus et camions.. Le trottoir y est très étroit, ce sera un calvaire, quiconque a déjà traverser un tunnel en vélo comprendra.
Puis, un scooter m’arrête:
« david des ka » c’est toi David?
—oui
Il a vu Pauline la veille et me dit qu’elle était dans un village, je lui dis que je serais là bas ce soir. Peu après, la police m’arrête et même chose.
J’apprendrais par la suite que c’est tout un village qui me cherchait. Je ne retrouverais ni Pauline ni Rutch, mais lui se fera trouver en train de dormir dans un parking souterrain en haut d’une montagne et ramener de force vers Pauline à 1 heure et demi de route, en voiture.
Voilà comment je passerais une semaine en solitaire à travers les montagnes japonaises de Shikoku, un vrai bonheur. L’eau y est abondante, les coins pour bivouaquer ne manquent pas et le chemin est parsemé de curiosité, comme les tourbillons de Naruto, la ville de Tokushima et le temple de Yashima.
De retour a Nashima, je trouverais l’équipe que la petite princesse de Solaria sera venue compléter.
A vélo au Japon, on peut vivre pour 8 ou 10 euros par jour, sans trop se priver. On peut se laver soit dans les rivières, toilettes publiques … où il y a souvent des douches, des cascades également le permettent. Ce qui après des heures de pédalage est très agréable car se coucher dans sa sueur, même pour des baroudeurs comme nous n’est jamais agréable.
Le fait d’être seul de temps en temps permet de remettre les idées en place. Car le voyage en groupe c’est génial mais après plusieurs mois, c’est bon de prendre ses décisions seul sans avoir à discuter si oui ou non on s’arrête à ce magasin, si on mange du riz ou des pâtes, etc etc..
Voilà j’avoue bâcler la fin et je m’en excuse.
Je laisserais le soin à mes 2 camarades de raconter leurs péripéties personnelles si le cœur leur en dit.
Au programme des prochains jours:
Un festival à Naoshima, remonter vers Tokyo en stop et gravir le Kida Take et 2 autres sommets alentours. On devrait rester une semaine en montagne, autant dire que j’ai déjà des fourmis dans les jambes….

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