Ile d’Olkhone!!!

Après plusieurs jours à Irkustk, il est grand temps pour Rutch et moi de gagner le lac Baïkal. Et evidemment c’est en stop qu’on décide d’y aller. Après avoir parcouru 4 kilomètres à pied pour sortir de la ville, nous nous apercevrons tristement que nous ne sommes pas sortis du bon côté…..
Dur dur..
Nous nous résignerons alors à prendre un taxi jusqu’au premier spot de stop qui se présentera dans la bonne direction. Il nous faudra donc parcourir une dizaine de kilomètres dans l’autre sens. Il aura été très difficile de faire comprendre au chauffeur qu’on voulait descendre ici, au milieu de rien, car lui avait compris qu’il nous emmènerait jusqu’à l’île d’Olkhone. Il n’hésitera pas à nous demander le prix de la course intégrale soit plus de 200 euros chacun….. Pas fou celui là.
Il faudra que l’on s’énerve et devienne même menaçant pour le faire partir avec le montant affiché au compteur.
Cet emplacement ferait rêver n’importe quel pouceux. Une longue route de bitume calme, silencieuse et surtout assez large pour s’arrêter n’importe où. Le ciel est limpide, il fait 20 degrés, chaque côté de la route est ornée de forêts. On se demande si des ours habitent ici…. on est bien!!!
Le trafic modéré et la curiosité des gens font que toutes les voitures ralentissent franchement pour nous observer, beaucoup s’arrêtent mais demandent des sommes astronomiques… jusqu’à 1000 euros.

Finalement, un camion noir s’arrête.
Il discute au téléphone, alors que je tente une approche, il me braille quelque chose en russe que nous ne comprenons pas. Nous croyons alors qu il ne s’est pas arrêté pour nous mais pour téléphoner. Jusqu’à ce qu’il braille de nouveau.
Nous sautons alors dans le camion qui démarre sans nous demander où nous voulons aller. Les tatouages, les vitres teintées, le gabarit de notre pilote ne nous rassurent pas…. Après quelques kilomètres, sans raison , il tourne à gauche et quitte la route nous conduisant à destination.
Où allons nous?? Il dit qu’il nous emmène chez lui pour manger..
Mais il sera plus question de boire que de manger. Il nous tend de grandes bouteilles de bières, que lui et son cousin engloutissent dans leur gosier; ils se saoulent carrément sous nos yeux . Si bien que nous nous demandons comment nous allons repartir.
Soudain, voyant mon appareil photo, il me demande de prendre des clichés de ses enfants et de sa maison en me bousculant à l’intérieur.
Un peu bourrin mais gentil tout de même.
Il s’agit en fait d’une famille bouriate. Lui est pompier et entretien à lui seul sa petite famille composée de sa femme et des 2 enfants. La Bouriatie est une partie de la Russie qui était mongole il y a encore quelques siècles. Les gens sont typés asiatiques et le bouddhisme est la religion majoritaire.
Après nous avoir nourri et saoulé, il décide enfin de nous remettre sur la route, mais avant séance shopping. Il remplit le caddie et nous devons payer l’addition, on sent alors que si on refuse, ça va mal tourner alors on serre des dents, on se dit qu’on a bien mangé, bien bu alors on peut participer, et on tente un maximum de rester diplomate, mais la façon est brutale. On n’avait pas le choix. Et avant de nous laisser partir, on passe encore chez un de ses amis pour boire une bière.
Donc on boit encore une bière, une grosse bouteille, avec comme logo un gros bras, marque « siberian size » et promet pas moins de 6 degrés d’alcool. Ici la testostérone se mesure en capacité à en avaler. Bref, après 4 heures passées avec notre pompier bouriate, il nous dépose enfin sur la route. On a avancé de 20 kilomètres, on est saoul et appréhendons le prochain lift… Avec Rutch, on se dit qu’on arrivera jamais à parcourir les 250 km qu’il nous reste pour atteindre l’île d’Olkhone avant la nuit et l’idée de camper dans la taïga pleine d’ours et de tiques ne nous enchante pas. 1 heure, 2 heures sur le bord de la route, il fait gris, le moral n’est pas fier. Puis une super nana qui parle un super anglais nous prend dans sa super voiture…. jusqu’à l’embarcadère du ferry. Yahou!!!! Elle roule à la Russe, pied au plancher, double à droite, pile pour éviter un cheval ou une vache sur les pistes de sable. Mais le paysage est aussi intéressant que sa conversation. Elle va au Baïkal pour faire de la plongée. On passe devant l’aérodrome où son club de parachute avec lequel elle vient de fêter son 5000 ème saut, est implanté. Fascinante!! On fait les 200 km en 2 heures à peine. Merci merci. Elle nous dépose vers 20 heures au petit embarcadère, c’est splendide! Des steppes montagneuses surplombent le Lac Baïkal.
Irkustk – lac Baïkal en stop…. Checked.

On décide de prendre le bateau le lendemain matin et de camper dans les parages. Réveil très tôt le midi suivant. Sur le bateau, des familles russes qui partent en weekend sur l’île. Une femme nous offre de la vodka et de la saucisse. Après les 30 minutes de traversée, on reprend le stop sur la piste qui mène à la ville de l’île Khujir. A peine 5 minutes plus tard, une voiture s’arrête avec à son bord, une femme d’une trentaine d’année, accompagnée de sa mère et sa grand mère ainsi que son fils de 7 ans. L’île est connue pour son histoire chamanique, c’est pourquoi on s’arrêtera près d’un totem recouvert de rubans multicolores pour une petite vodka, en respectant la tradition Bouriate, qui consiste à tremper le majeur dans le verre et jeter quelques gouttes au sol en faisant un vœu. Une façon de donner un peu à la terre afin de la remercier pour ce qu’elle nous donne. Symbolique certes mais qui fait prendre conscience que l’on lui prend beaucoup mais que lui donne t’on ? Arrivés à destination, elles nous demanderont un centime de roubles pour la contribution, symbolique encore. (il est normal de payer en Russie quand on fait du stop)

Et là on débarque chez Sergei, notre couchsurfer, qui est aussi le gardien de l’église orthodoxe de l’île et le sonneur de cloches. Il est également l’inventeur de « philoxenia » comprenez « amour des étrangers » par opposition à « xénophobie ». Philosophie qu’il applique au quotidien. Un homme extraordinaire, marié à Anastasia et père de 3 enfants magnifiques. Tous les 2 parlent un très bon français. Sergei est né en Allemagne, grandi dans le Caucase, a étudié en France et en Grèce et a travaillé en Israël. Il parle toutes ces langues ainsi que l’anglais. En promenade dans la forêt, je tombe sur Alex, arrivé sur l’île il y a quelques jours et qui revient d’une rando de 3 jours en son contour. En chemin il a décidé d’acheter un vélo et de partir en Mongolie et en Chine. The plan is no plan, Alex en a définitivement compris l’esprit. Bon vent à toi gars!!

Cette île est l’occasion pour nous de nous remettre de la course du voyage. On se dit qu’on restera une dizaine de jours. A vélo ou à pied, je partirai seul avec moi-même pendant plusieurs jours à explorer les richesses de ce paradis et de la solitude. Dans mon sac à dos 4 jours de vivre, 4 bons livres et dans ma tête le bonheur de vivre. Les steppes somptueuses, des déserts de sables, la taïga, des plages paradisiaques, les chevaux et les vaches en liberté et le soleil. Pas d’itinéraire, pas d’objectif, pas de conversation… Le simple fait de voir s’agiter une queue de vache au loin devient un moment d’extase. Je me baignerais tous les jours dans les eaux glacées du lac environ 4 degrés. Mais quelle sensation de liberté totale. Ma seule crainte est la tique de la taïga qui transmet une encéphalite mortelle. Ici pas d’ours. Le lac Baïkal est le plus gros lac, le plus profond, il est la plus grande réserve d’eau douce à l’état liquide du monde. Ses eaux sont les plus pures grâce à des petites crevettes qui nettoient tout. Un corps est digéré en 3 jours. L’hiver, des camions circulent sur la glace. Le Baïkal une mes plus belles rencontres. Quand je rentre à Khujir, Pauline est arrivée sur l’île et est partie en bivouac avec Rutch. Quand il rentre on décide de faire un feu sur la plage et inviter les packpackers qui logent a l’hôtel à côté. Super soirée, on remettra le couvert le lendemain malgré le froid et la pluie. Pour aider Sergei, on participe. On fera l’isolation de son grenier, déplacera des cailloux et des troncs d’arbres et creusera avec l’aide d’Ilias, un Suisse complétement fou, un trou, parce que c’est toujours bien d’avoir un trou sous la main!!???? Sergei est un personnage!  Je le remercie pour son accueil et l’énergie qu’il a su nous communiquer. Puis le temps de partir pour d’autres horizons. En voyage on dit bonjour négligemment mais au revoir profondément.

Dans le bus qui nous ramène à Irkutsk, Pauline après s’être faite peindre un joli portrait par un artiste de l’île, ses charmes lui permettront d’acquérir une superbe patte de poulet. Puis coup de bol. Son Roméo va au même endroit que nous et a même une maison pour nous accueillir…. voyage voyage. Le soir on est logé chez sa sœur à Irkutsk. On commence à la vodka à 3 heures et à 9 heures je vais me coucher rond comme une huître. La Russie c’est pas facile. Voilà comment le lendemain on part avec Maxim à Arshan pour une durée indéterminée. Il n’a pas de sac à dos. Sa maison est une magnifique cabane en bois, un peu vieillotte mais très accueillante. Le soir on cuisine sur le poêle à bois pendant qu’il pleut averse dehors. Notre hôte se rince comme il faut. Le lendemain matin, je décide d’allumer le feu dehors pour faire le café. Le bois est mouillé, Maxim vient m’aider et on passe une heure à animer une petite flamme. Je sors la casserole d’eau et la met sur le feu et c’est alors que Max me donne une bouilloire et une plaque électrique. J’adore les Russes.

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.445415468804602.110061.334038009942349&type=1&l=c6ccc3a571ImageImageImage

Alors , on en parle ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s