Arshan, the russian experience!!!

Je peux maintenant vous raconter comment Pauline assise seule dans la matchounka (petit bus d’environ 15 places) qui nous conduit de l’île d’Olkhone à Irkoutsk s’est vue offrir une patte de poulet porte-bonheur par son voisin Maxim. Monté en cours de route Maxim est un homme d’une quarantaine d’années habillé d’une sorte de survêtement militaire intégral.

Rootch, Pauline et moi avons décidé de partir pour Arshan, situé au sud de la Bouriatie à une centaine de km de la frontière mongole. Arshan en plus d’être connu pour ses sources d’eau minérale et ses centres de cure thermale est aussi un soi-disant haut lieu de l’escalade, randonnée et alpinisme. Autant dire que cette destination m’enchante au plus haut point. Et devinez quoi? Ce fameux Maxim a une maison là-bas. Il s’y rend et il nous y invite. Elle est pas belle la vie?! Le soir on fera étape à Irkoutsk chez Masha, la sœur de Maxim et son mari Serguei. Nous débarquons alors dans une cité de banlieue un peu sordide; il est 15h, on est mercredi. Dans l’appartement Masha, Serguei et un autre couple sont occupés à siroter une bouteille de bière dans la cuisine. Masha heureuse d’accueillir des français nous envoie des sourires radieux alors qu’elle assassine son frère – notre Maxim – de regards noirs, du fait de son état d’ébriété avancé. Il était monté dans le bus vers 11h, plein comme une barrique, une bière a la main. On ouvre une bouteille de vodka… Un toast, deux toasts, trois toasts… En Russie la vodka ne se sirote pas mais s’avale en shoot de 50g. Entre deux tournées on mange le traditionnel zakouski. ça peut être n’importe quoi: confiture, cornichon, saucisson… Parmi l’assemblée un type au visage de tueur d’enfants et à la carrure de pilier de rugby, le visage couvert de fraîches cicatrices ne parle presque pas et s’adresse à nous de manière très rude. Jusqu’au moment où sous la mélodie de la guitare de Pauline, il entame soudainement une danse sensuelle ce qui ne manque pas de nous faire rire mais pas lui. On frappe à la porte. Des amis de la famille. 3 types armés chacun d’une bouteille dans la main gauche et 4 grammes dans le bras droit. Pour stopper net les pérégrinations « testostéroniques » habituelles et prévisibles en faveur des charmes de Pauline, nous devenons mari et femme. Maxim lui, est déjà parti vérifier si Morphée était au boulot. Parce qu’il semblerait qu’ici ce ne soit pas le centre des préoccupations, mais malheureusement notre russe est trop pauvre pour en apprendre d’avantage à ce sujet. On sortira boire quelques bières, assister à une bagarre, à un contrôle de police, qui nous sermonnait de boire dans la rue – incident apparemment réglé par la présence de Français. C’est assez incroyable et incompréhensible de voir les portes fermées s’ouvrir et les bouches sourire lorsque l’on annonce que l’on est Français. C’est vrai dans beaucoup de pays, mais alors en Russie… pour paraphraser Sylvain Tesson « mais s’ils savaient ce qu’on pense d’eux en France ». A 21h c’en est trop pour moi. Je tombe sur le lit avec de sérieuses aigreurs à l’estomac. Le lendemain on a convenu un rendez vous avec nos amis de la veille pour qu’ils nous conduisent à Arshan. Ils ne viendront jamais. On prend donc la matchounka 350 rbles (environ 9e pour 3h de route). A la gare on retrouve Maxim qu’on a laissé seul 4h. Toujours le même survêt, pas de sac à dos et il est rond. Il me fait penser à un clochard céleste. On débarque dans la maison construite par son grand père. Une grande et superbe cabane en bois. L’eau est à la rivière à une cinquantaine de mètres. Et en plus du poêle à bois il y a l’électricité. On restera ici 5 jours… sous la pluie. Le centre d’alpiniste a fermé il y a deux ans et les rochers glissants à cause de la pluie réduisent les possibilités de randonnées. Heureusement il y a un cyber-café avec une bonne connexion et pas cher. Maxim lui, attend un coup de téléphone pour du boulot. Il est chauffeur. Ici comme dans beaucoup d’isbas à la campagne il n’y a pas de douche. On se lave au bagna 1 fois par semaine. Sauna très chaud où on se lave, ainsi que nos vêtements. On part en stop de ce petit village. Après quelques minutes un gros bouriate nous prend dans sa luxueuse berline. Il nous avance de quelques km jusqu’à son lieu de travail; une scierie où l’on croit comprendre qu’il en est le patron. Il demande à un de ses employés de nous conduire jusqu’à une nationale à une trentaine de km. Vraiment ces russes… ! Même pas le temps de fumer une clope, un 4×4 s’arrête. Il va à Ulan Oude à 400km de là; notre destination. Nous pensions mettre plusieurs jours à l’atteindre. On avait prévu de camper au Baïkal. Finalement le soir même on sera dans la capitale Bouriate. Il est d’usage de participer aux frais lorsque l’on fait du stop en Russie. Mais lorsqu’avant de monter dans sa voiture on lui demande combien il veut il nous répond « n’en parlons pas ». A l’arrivée il nous réclame 500 rbles chacun. C’est à peine moins cher que le bus; bien que plus sympa. Encore une fois grâce a l’aide précieuse des autochtones , on nous amènera à un hôtel à environ 400 rbles la nuit (environ 10e). Le lendemain on part à la visite du plus grand centre bouddhiste de la Russie. Situé à une trentaine de km de la ville, ce temple accueillant 20 lamas et une cinquantaine d’étudiants est vraiment haut en couleurs et riche en architecture. C’est assez drôle de voir ces lamas vêtus d’une toge qui recouvre des maillots de foot ou à l’effigie de groupes de rock. Le soir à Ulan Oude on fera la rencontre d’une bande de jeunes très sympas. A notre dégaine, ils reconnaissent en nous des européens. Et ils nous hèlent à grands coups de « hello ! hello! my name is! » On va vers eux : « On est français ». S’en suit photos, vidéos, questions, bavardages… On admire leur ouverture, gentillesse et surtout simplicité. L’un d’eux est étudiant lama et on aura la chance de le recroiser au Datsan quelques jours plus tard. Le lendemain on part en stop pour le Baïkal afin de lui faire nos adieux. L’aller se passe de manière des plus classiques. Le soir on campe autour d’un feu en buvant du vrai vin rouge; ça faisait longtemps! On doit prendre le train pour Vladivostok, le lendemain matin à 5 heures. On doit donc impérativement rentré aujourd’hui mais on est pas pressé de parcourir les 175 kilomètres dans l’autre sens.. On décide d’y aller en sauts de puce en s’arrêtant dans les beaux coins repérés la veille. Le premier d’entre eux est un monastère orthodoxe pour femmes. Érigé en rase campagne, il domine la plaine par ses bulbes verts émeraudes. Magnifique… Les sœurs portent une robe identique aux catholiques mais leur chapeau ressemble à un casque de chevalier médiéval. Le respect m’a interdit la photographie. Désolé. Pauline part se promener de son côté et revient coiffée d’une couronne de fleurs de pissenlits et bras dessus bras dessous avec 2 filles et un gars. Il se trouve que c’est l’anniversaire de Natacha, elle fête ses 23 ans. Ses amis sont montés au village pour l’occasion pour accompagner son père et elle, qui apparemment sont seuls le reste du temps. Leurs amis sont d’Azerbaïdjan. Le papa âgé d’une soixantaine d’années nous raconte qu’il a été blessé par la guerre et ensuite dans un accident de tracteur. Rendu invalide, il a pour vivre une pension de 200 dollars mensuels. Les larmes lui viennent quand il nous dit qu il n’a aucun avenir à offrir à sa fille. Il nous dit que nous Français on a de la chance et il a raison. Mais j’essaie d’ajouter que la France ce n’est que Paris et sa bourgeoisie, que tout le monde ne s’habille pas chez Dior ou Chanel et ne vit pas au Ritz. Que les années de la ville lumière sont passées. Quelques instants plus tard, l’émotion passée, Natacha qui se fait peloter par un de ses potes, me lance <pa idiom sex?>… Je ne suis pas sûr de comprendre, mais les encouragements de son père me confirment l’intention de la requête. Oulalala!!  Les litres de bières sont tombés et il est temps de partir. Notre prochain auto-stoppé Volodia nous arrête au petit Datsan. Temple bouddhiste d’Ulan Ude. Il est 19 h et les visites sont finies. Mais nous tombons sur notre jeune étudiant lama rencontré 2 jours auparavant. Il a troqué sa clope et sa bière pour sa toge et ses mantras. Il nous ouvre le temple pour une visite personnalisée. La plus grande curiosité et merveille réside dans cette grande fresque faite de sable fin. Le sable est broyé et coloré sur place par les étudiants. Ensuite il faut une semaine de travail à 4 lamas pour créer ce chef d’œuvre.. Encore une fois pas de photos.. Mais imaginez la finesse et la beauté, le travail laborieux, la précision et la minutie demandées. Merci pour cette découverte! Retour à Ulan Udde, repas copieux, douche et quelques heures de sieste avant de repartir avec le transsibérien pour Vladivostok, ultime étape de notre périple russe.

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